La région aurait un ministre NPD

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Thomas Mulcair était de passage, hier, dans la région. Le chef néodémocrate a rencontré les militants réunis à l'Hôtel Universel d'Alma.

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Laura Lévesque
Le Quotidien

La région comptera au moins un ministre au sein d'un éventuel gouvernement néo-démocrate, promet Thomas Mulcair.

Dans une entrevue accordée au Quotidien, hier matin, le chef a confirmé qu'un candidat élu du Saguenay-Lac-Saint-Jean allait jouer un rôle clé dans un futur cabinet des ministres.

« La réponse est claire, nette et précise. Il va y avoir de la représentation de cette région au conseil des ministres d'un gouvernement NPD », exprime sans détour M. Mulcair, rencontré dans une suite de l'Hôtel Universel d'Alma, surveillée par trois ou quatre agents de sécurité.

« Il suffit de rencontrer les candidats d'ici pour constater à quel point ils vont être appelés à jouer un rôle important dans un futur gouvernement du NPD », ajoute-t-il.

Même si la popularité de la formation semble s'essouffler, alors que les libéraux connaissent une montée au pays, Thomas Mulcair demeure convaincu de remporter la victoire le 19 octobre.

« Personne ne peut mettre un sondage dans une boîte de scrutin. Lundi ce sont les vraies choses qui commencent », insiste-t-il.

« Mais on se fait dire depuis 148 ans qu'on doit alterner entre la corruption libérale et la corruption conservatrice. Il est temps de passer à autre chose. Et on sait que les gens veulent autre chose. Il y a une énergie incroyable en ce moment et je suis convaincu qu'on va gagner les trois », affirme M. Mulcair, en parlant de Chicoutimi-Le-Fjord, Jonquière et Lac-Saint-Jean.

Le chef néo-démocrate a répété ad nauseam que Stephen Harper était son seul adversaire. Sa présence, hier, dans la circonscription de Denis Lebel, lieutenant du premier ministre pour le Québec, n'est pas étrangère à sa stratégie. Mais le chef néo-démocrate a profité de l'occasion pour remettre en question l'étique de Justin Trudeau, dont l'un de ses conseillers vient de démissionner après avoir donné des conseils de lobbyisme aux promoteurs de l'oléoduc Énergie Est.

« On vient de voir le vrai visage de Justin Trudeau », estime le chef néo-démocrate.

« Il y a juste le NPD qui peut battre les conservateurs. Les gens le savent. M. Trudeau a trop souvent appuyé Harper. Les gens savent qu'ils ne peuvent pas faire confiance aux libéraux. »

Devant une foule au sein de laquelle se trouvaient de nombreux agriculteurs, le chef s'est une fois de plus engagé à renégocier l'entente transpacifique, qui prévoit notamment ouvrir le marché laitier canadien de 3,25 % aux producteurs étrangers.

« C'est une mauvaise entente pour nos familles, pour nos fermes laitières, pour nos emplois. Donc cette entente signée à la hâte, je ne la présenterai pas. Mais je ne me gênerai pas pour négocier quelque chose de meilleur », assure celui qui promet aussi d'assouplir les règles d'assurance emploi.

« Mais personne n'est en train de dire que plus de commerce, ce n'est pas une bonne idée. La question est de savoir qu'est ce qu'on est en train d'abandonner. M. Harper est allé négocier alors qu'il restait deux semaines dans une campagne électorale. Il était un peu le gars qui arrive à une table de poker et qui essaye de bluffer alors que tout le monde voit qu'il détient une paire de deux, y compris le deux de pique. Tout le monde savait qu'il n'avait rien. Il voulait quelque chose pour Stephen Harper. Moi, je veux un deal pour les gens dans cette pièce aujourd'hui. »

Même s'il le souhaite, André Tremblay du Conseil... (Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens) - image 2.0

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Même s'il le souhaite, André Tremblay du Conseil de l'industrie forestière du Québec n'est pas convaincu qu'un gouvernement néo-démocrate puisse obtenir un accord plus avantageux pour l'industrie du Québec que celui signé en 2006.

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Mulcair promet d'être plus ferme que Harper

Thomas Mulcair négociera un accord sur le bois d'oeuvre qui sera plus favorable à l'industrie forestière du Québec et du pays. C'est ce que le chef néo-démocrate prétend, quelques jours après que cette entente, qui garantit l'accès du bois canadien au marché américain, eut pris fin.

Ce dernier souhaite notamment obtenir plus de souplesse pour permettre au gouvernement fédéral d'investir dans les usines, ce que l'accord interdit. D'ailleurs, le NPD promet d'injecter 105 millions$ sur trois ans pour soutenir l'industrie forestière, dont 55 millions$ destinés uniquement aux installations des usines de transformation du bois.

«Je vais continuer cette négociation sur un pied beaucoup plus ferme que ne l'a jamais fait Stephen Harper», plaide le chef du NPD, dans l'entrevue accordée au Quotidien.

«L'accord a pris fin la semaine dernière. On est dans une période d'extension. Et ce n'est pas parce que les conservateurs ont signé quelque chose de bâclé et d'incompétent que ça devient une excuse pour Denis Lebel de continuer de ne rien faire pour aider notre secteur forestier. Nous, on va négocier la nouvelle entente. Et regardez-nous bien aller. On va défendre nos emplois et le secteur forestier. Stephen Harper a vendu au rabais notre secteur forestier, car il ne sait pas négocier à l'international», poursuit M. Mulcair.

Sceptique

De passage à Alma en même temps que le chef néo-démocrate, mais pour différentes raisons, le président-directeur général du Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ), André Tremblay, s'est montré sceptique devant les promesses de Mulcair.

«D'abord, il faut dire que l'entente, même si ce n'est pas la meilleure, a relativement bien fonctionné. Cet accord, c'était le prix à payer pour avoir accès au marché américain. Et on serait prêt à le renouveler tel quel s'il donne encore accès au marché américain. Ça, c'est la position de l'industrie», précise M. Tremblay, qui se trouvait à Alma pour donner une conférence devant les membres de la Chambre de commerces et d'industrie Lac-Saint-Jean-Est.

«Il faut se rappeler aussi du contexte dans lequel elle a été signée en 2006. Le Canada avait des arguments de taille pour convaincre les Américains, dont le pipeline vers les États-Unis (l'oléoduc Keystone XL). Mais aujourd'hui, ils n'en veulent plus. Donc ça ne sera pas évident», craint M. Tremblay.

Le pays dispose encore d'une année de sursis avant le renouvellement ou non d'une entente. Pendant ces 12 mois, les Américains ne peuvent adopter des mesures contre les producteurs canadiens.

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