Le CIFQ insatisfait du régime forestier

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André Tremblay affirme que l'industrie du sciage serait en mesure de transformer 5 millions de mètres cubes de bois supplémentaires au Québec.

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Le Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ) demande au gouvernement du Québec des modifications au régime forestier et à sa politique énergétique qui permettront à ses membres de réaliser des économies de 10 $ le mètre cube de bois récolté pour être en mesure de relancer tout ce secteur industriel qui peine à sortir la tête de l'eau depuis la fin de la crise.

Le président du CIFQ, André Tremblay, a entrepris hier une tournée des régions par le réseau des Chambres de commerce et a dévoilé les plus récentes données économiques de l'industrie pour la période de 15 mois qui coïncide avec la mise en place du nouveau régime forestier. Les chiffres dévoilés par le CIFQ annoncent à très court terme une catastrophe pour cette industrie qui ne parvient toujours pas à générer les investissements suffisants pour améliorer sa compétitivité et moderniser son parc d'équipement.

Tout au plus, a déclaré André Tremblay, les industriels parviennent à maintenir en états les usines. Le graphique sur les investissements réalisés par les spécialistes de la firme WoodMarkets illustre une montée en flèche des investissements dans les usines de sciage du Canada à l'exception du Québec, où elles sont pratiquement au même niveau que pendant la dernière crise. Cette faiblesse des investissements n'est pas sans inquiéter le CIFQ, qui voit dans cette réalité une crise de confiance en l'avenir.

Depuis la mise en place du régime forestier, les membres du CIFQ se plaignaient d'une croissance importante du coût de la fibre. Dans son étude d'étalonnage, WoodMarkets confirme que le prix de la fibre a crû de 26 % depuis 2012. Selon André Tremblay, il devient urgent pour l'industrie d'obtenir des modifications au régime forestier qui vont permettre une diminution de cette facture.

« Le bois d'oeuvre est une commodité. Comme les autres commodités, nous devons gagner les marchés avec des prix compétitifs et en ce moment, il faut des actions pour remettre l'industrie sur les rails pour longtemps et non seulement quelques années. »

L'autre frein qui mine la croissance de l'industrie du sciage est celui de l'approvisionnement. En ce moment, les usines de sciage tournent à 70 % de leur capacité. Les entreprises ont perdu entre 25 et 30 % de leur approvisionnement qui a été remplacé par le Bureau de mise en marché des bois. Le principe est louable, selon le président du CIFQ, mais le fonctionnement est déficient car 30 pour cent des lots mis en vente ne trouvent pas preneur au premier tour.

André Tremblay affirme que l'industrie du sciage serait en mesure de transformer 5 millions de mètres cubes de bois supplémentaires au Québec, ce qui rapporterait directement dans les coffres de l'État des revenus de 200 M$. Pour ce faire, il cite quatre mesures spécifiques pour générer les 10 $ d'économie du mètre cube de bois récolté.

Économies

Un premier 2 $ d'économie proviendrait de la rente que les entreprises doivent payer pour s'assurer de la disponibilité de leur approvisionnement. Avant de récolter une seule tige, les entreprises doivent verser 2 $ le mètre cube. La seconde économie de 2 $, toujours selon les explications du président, réside dans les changements nécessaires au Bureau de mise en marché des bois. Les deux autres mesures sont plus difficiles à vendre pour le gouvernement. Il s'agit d'une économie de 3 $ le mètre cube qui serait générée par le partage des coûts de construction des routes forestières (villégiateurs), et la dernière tranche de 3 $ proviendrait d'une nouvelle politique de tarification énergétique pour l'industrie des pâtes et papiers.

Ces deux dernières mesures sont-elles envisageables? André Tremblay persiste en affirmant qu'elles seraient possibles si les industriels s'engageaient à investir dans les usines. Il croit que Québec réaliserait des gains importants en s'assurant un virage nécessaire pour l'industrie.

Le CIFQ espère que la cellule de crise mise en place par le gouvernement du Québec pour résoudre les problèmes sur la Côte-Nord pendant l'été sera en mesure de bien évaluer les conséquences du régime forestier.

Il reste un dernier problème de taille que personne n'ose aborder publiquement en lien avec le régime forestier, et il réside dans la haute fonction publique. Le sous-ministre Richard Savard a été un acteur important dans la définition du nouveau régime forestier et sa mise en place. Aujourd'hui, il est toujours en poste et ils sont nombreux à croire qu'il refusera d'apporter des modifications de crainte d'admettre que la première mouture du régime a eu des effets pervers qui paralysent en ce moment l'industrie de la forêt et des pâtes et papier en raison du coût de la fibre et du manque de prévisibilité du système.

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