Les infirmières en pantalons de camouflage

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Selon les représentantes syndicales, les offres patronales sont tout à fait inacceptables.

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

Les 1250 infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes membres du Syndicat des intervenants de la santé du Nord-Est québécois (SIISNEQ-CSQ) du Saguenay-Lac-Saint-Jean emprunteront un moyen de pression bien populaire chez les policiers en portant culottes de camouflage, jeans et Big Bill en attendant le déclenchement d'une première journée de grève le 16 octobre prochain.

Nathalie Savard, présidente du SIISNEQ-CSQ, accompagnée de la présidente de la Fédération de la Santé du Québec (FSQ-CSQ), Claire Montour, ont déclaré que leurs membres en ont assez de ce qui se passe au sein des tables de négociations avec le gouvernement pour le renouvellement de leur convention collective en annonçant des grèves les 11 et 16 novembre ainsi que le 3 décembre pour trois journées consécutives. « Nos membres sont mobilisés et sont déterminés à ne pas retourner 40 ans en arrière. Ils ont accordé un mandat de grève à 95 %, ce qui est très fort. Des récupérations patronales, on n'en veut pas », a déclaré Mme Montour.

Selon les représentantes syndicales, les offres patronales sont tout à fait inacceptables puisque le gouvernement veut payer le temps supplémentaire travaillé au taux régulier, en abolissant les clauses actuellement en vigueur. Au chapitre de la sécurité d'emploi, Québec aimerait déplacer le personnel d'un lieu de travail à un autre sans tenir compte des importantes distances qu'il peut y avoir tout en s'accordant le maximum de flexibilité possible avec pour seul but d'atteindre ses objectifs de coupes budgétaires.

« Avec la création du CIUSS qui ne forme qu'un seul établissement, on aura des clauses pour 26 métiers à négocier régionalement. Nos huit conventions actuelles seront réduites à quatre. On veut rendre nos membres mobiles et les déplacer d'un établissement à l'autre dans la région. Les gens sont inquiets de l'actuelle négociation, mais aussi de ce qui s'en vient à l'avenir. La bataille ne fait que commencer », clame Mme Savard.

Grève

En ce qui a trait aux journées de grève prévues, les représentantes ajoutent que les services essentiels seront assurés à 90 %, comme le prévoit la loi. Toutefois, les tâches cléricales seront davantage laissées de côté afin de favoriser les services directs aux patients. En vertu d'une entente intervenue avec les employeurs, la grève sera exercée en solidarité et équité entre les infirmières, les auxiliaires et les inhalothérapeutes. Le quart de travail de toutes sera partagé entre 90 % de temps de travail et 10 % de temps de grève. Sur un quart de travail de sept heures, quarante-cinq minutes seront du temps de grève, mentionne Mme Savard. Les services en urgence, soins intensifs et à l'unité néonatale seront assurés à 100 %. « Des études ont démontré que nos membres font en moyenne quatre heures de temps non rémunéré par semaine.

Avenir du système

Avec les changements imposés au système de santé et les coupes budgétaires sans précédent, Mme Montour et Savard croient que les Québécois devront se demander quel système de santé ils veulent se donner; un système public dont les services continueront d'être gratuits aux patients ou un système comportant des frais accessoires imposés par les assureurs privés.

Elles ont conclu en lançant un appel au gouvernement afin qu'il analyse les solutions proposées par la partie syndicale qui visent à la fois à améliorer les conditions de travail du personnel, la qualité des soins ainsi que la garantie de sécurité des patients par la gestion du ratio personnel/patient.

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