La maladie et la faillite

Nancy Kearney lance un cri du coeur

Nancy Kearney et sa conjointe, Sandra Blackburn, doivent... (Photo Le Progrès-Dimanche, Gimmy Desbiens)

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Nancy Kearney et sa conjointe, Sandra Blackburn, doivent tourner le dos à 20 ans de souvenirs et déménager à Chicoutimi, où un bon ami les hébergera quasi gratuitement pour les mois à venir.

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Nancy Kearney vit un véritable cauchemar. Deux jours après avoir perdu sa mère aux mains du cancer, le même impitoyable diagnostic lui a été servi. C'était en août. Depuis ce temps, la femme de 50 ans lutte pour sa vie. Alors que toute son énergie devrait être utilisée pour affronter la maladie, cette travailleuse autonome de Larouche est rongée par la peur de tout perdre.

Nancy Kearney affirme avoir gagné sa vie de façon honnête pendant des années dans le domaine de l'entretien ménager. Ses déclarations de revenus ont été produites de façon assidue et ses impôts payés. Oeuvrant à son compte, Mme Kearney ne roulait pas sur l'or et ne s'est jamais prévalue d'une protection en cas de maladie grave. En vertu de son statut de travailleuse autonome, l'assurance-emploi n'est pas une option envisageable avant au moins un an. La sécurité du revenu non plus, puisque la conjointe de Nancy Kearney, Sandra Blackburn, a touché un salaire de plus de 21 000$ l'an dernier. Comme le médecin de Sandra vient tout juste de lui signer un arrêt de travail pour cause de stress, d'anxiété et d'épuisement, le revenu familial chutera de façon considérable au cours des prochaines semaines. Sandra, superviseure dans un Tim Hortons, aura droit à 700$ par mois. Acculé à la faillite, le couple Kearney-Blackburn s'est résigné à remettre les clés de la maison à la banque.

Damoclès

Aujourd'hui, la date butoir du 7 novembre pend au-dessus de leurs têtes comme une épée de Damoclès. C'est à ce moment que Nancy et Sandra tourneront le dos à 20 ans de souvenirs et partiront pour Chicoutimi, où un bon ami les hébergera quasi gratuitement pour les mois à venir. Elles apporteront leur chienne avec elles, symbole d'années passées sous le signe d'un bonheur paisible.

La voiture de Nancy et Sandra, un véhicule récent qu'elles ont payé, ira aussi au syndic. Il restera la bagnole et quelques meubles, lesquels devront être remisés. Nancy se demande où elle trouvera les sous pour payer les frais d'entreposage, le genre de casse-tête dont elle pourrait bien se passer au moment où son pire ennemi, un cancer agressif des ganglions, vient la hanter jour et nuit.

Nancy Kearney et sa conjointe ont frappé à toutes les portes pour obtenir de l'aide: la banque, le CLSC, le gouvernement. Les démarches sont demeurées vaines. À bout de souffle et complètement fauchées, les deux femmes ne savent plus à quel saint se vouer. Elles dénoncent le fait qu'elles ne peuvent bénéficier d'aucune mesure de soutien.

«J'ai toujours payé et travaillé et je suis frustrée de tout perdre. Il faut croire que parfois, l'honnêteté et la droiture ne rapportent pas. Je suis horrifiée par les jours qui s'en viennent», exprime Nancy Kearney, qui a communiqué avec le journal sur recommandation d'une amie, «dans un élan d'espoir et de désespoir».

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