Consultations sur l'avenir de l'Usine Vaudreuil

Oui, mais pas dans ma cour

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Un peu plus d'une centaine de personnes ont assisté à la dernière consultation citoyenne « Projet Vaudreuil au-delà de 2022 », tenue hier soir à la Pulperie de Chicoutimi.

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Laura Lévesque
Le Quotidien

Un peu plus d'une centaine de citoyens ont assisté, hier à Chicoutimi, à la dernière soirée de consultation portant sur l'avenir de l'Usine Vaudreuil d'Arvida qui devra fermer en 2022 si Rio Tinto ne trouve pas un nouveau site d'entreposage de résidus de bauxite.

Si tous les participants se sont montrés en faveur du prolongement de la durée de vie des installations, rares sont ceux qui appuient le projet proposé par la multinationale et qui prévoit l'implantation d'un nouveau site de résidus de bauxite de 110 hectares, situé à moins d'un kilomètre des résidences du quartier Panoramique à Chicoutimi, du chemin de la Réserve et des rues Fraser et des Carcajous.

Cette solution, jumelée à l'augmentation de la capacité du site actuel de résidus (lac de boues rouges) et à la construction d'une usine de filtration, permettrait de prolonger la durée de vie de l'Usine Vaudreuil jusqu'en 2047.

« Votre opération charme a réussi. Vous faites ça pour nous faire avaler une pilule, une pilule qui ne passe pas. Vous êtes comme la ménagère paresseuse qui a toujours passé le balai en dessus du tapis », a exprimé Mme Pedneault,

Michel Jean, un des résidents touchés par le projet, a quant à lui déploré le manque d'option proposée par la compagnie.

« Je vous lance le défi de trouver un autre site, pas à Laterrière, mais ailleurs. Si ça coûte des centaines de millions $ de plus, la population va comprendre. Mais si c'est une différence de 25 millions $ pour avoir un dépotoir en plein centre-ville, ça ne vaut pas la peine », a suggéré M. Jean.

Mme Brassard, qui demeure non loin de l'endroit visé par le nouveau site d'entreposage, s'est également opposée à la proposition de Rio Tinto.

« Il y a deux sites de boues rouges dans la ville (Arvida et Laterrière) et vous en demandez un troisième, alors que vous n'êtes pas pressés de restaurer celui de Laterriere qui est fermé depuis 25 ans. Il y a de quoi s'inquiéter », a lancé Mme Brassard, applaudit par plusieurs personnes.

Un employé de Rio Tinto ne n'est pas gêné pour déplorer la proximité du nouveau site avec les résidences. « À 500 mètres, c'est ridicule. Quand vous aurez l'occasion d'aller dans les sentiers, près d'Elkem Métal, tout le secteur devient rouge lorsqu'il y a des tempêtes de vent. Imaginez à 500 mètres de ma maison? Je vais avoir un terrain rouge », s'est inquiété le travailleur.

Une sportive qui utilise régulièrement le boisé du secteur panoramique était visiblement bouleversée par l'implantation d'un site à cet endroit.

« Je suis émotive. Ça vient chercher beaucoup de gens. Mais je n'ai pas de grands arguments scientifiques. C'est triste s'il se perd des emplois, mais sil n'y a pas d'autres solutions, ça na pas de bon sens », a laissé tombé la dame, dans une voix tremblante.

200 millions $

Les représentants ont été très clairs. Tous les sites potentiels, même ceux sur la rive nord de Saguenay, ont été analysés et celui proposé demeure l'option la plus viable. Le projet nécessiterait des investissements d'environ 200 millions $. À titre comparatif, il en coûterait près d'un demi-milliard $ pour utiliser le site de Laterrière.

En ce qui concerne d'autres moyens de disposer des résidus, plusieurs solutions techniquement démontrées existent, mais aucune n'est pour le moment économiquement viable

« On ne désespère pas. On pense que ça va arriver un jour. En attendant, on offre un soutien financier à des organisations et entreprises qui font de la recherche », a précisé le directeur de l'Usine Vaudreuil, Jean-François Nadeau.

Mais l'avenir des installations est encore loin d'être garanti. La compagnie a accepté d'investir 6,3 millions $ pour l'étude de préfaisabilité. Un autre investissement de près de 12 millions $ sera nécessaire pour réaliser l'étude de faisabilité en 2016, ce qui n'a pas encore été confirmé par Rio Tinto.

D'autres consultations publiques se tiendront sur le sujet au printemps 2016, lorsque l'étude d'impact social et environnemental sera terminée.

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