Pascal Thibeault

Trouver la paix en aidant les autres

Pascal Thibeault est ici entouré d'un groupe d'enfants... ((Courtoisie))

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Pascal Thibeault est ici entouré d'un groupe d'enfants de la Communauté Notre-Dame-du-Mont-Carmel des pères missionnaires mariavites de Yaoundé, au Cameroun. Il s'implique dans les tâches quotidiennes de la communauté et y donne des séminaires de pastorale.

(Courtoisie)

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À l'âge de cinq ans, agressé sexuell ement à répétition par son père, Pascal Thibeault trouvait la paix en regardant les émissions de Vision Mondiale. Dans son for intérieur, il sentait déjà qu'un jour, il oeuvrerait auprès d'enfants africains qui, comme lui, ont connu la souffrance dès leurs premiers pas dans la vie.

«Quand j'écoutais Vision Mondiale, c'était comme un baume sur mon coeur. J'étais comme aimanté devant la télévision. Je savais dans mon coeur d'enfant que j'allais être là un jour», raconte-t-il avec émotion.

Celui qui est aujourd'hui âgé de 43 ans réalise son rêve depuis 2006.

Il passe d'un à trois mois chaque année dans la Communauté Notre-Dame-du-Mont-Carmel de Nkolfoulou, auprès des missionnaires mariavites de Yaoundé, au Cameroun.

La communauté accueille 350 enfants âgés de 5 à 15 ans. Il n'est pas rare cependant que les enfants y entrent plus tôt. Affaibli par la malnutrition, la déshydratation ou le paludisme, chaque bambin accueilli par les missionnaires a son histoire déchirante. Les enfants qui sont en âge de marcher ne peuvent parfois tenir debout plus de quelques pas, tellement ils sont faibles.

La communauté accompagne les enfants jusqu'à l'âge adulte, pour en faire des individus autonomes, en santé et leur permettre de poursuivre des études.

Pascal Thibeault participe aux tâches quotidiennes de la communauté. Celui qui possède une formation en théologie, en études pastorales et en études bibliques y donne aussi des séminaires de catéchèse.

Se reconstruire

Le Chicoutimien est bien connu du milieu communautaire saguenéen pour son implication dans la région. Il a notamment fondé l'organisme Référence espoir et agi comme président de la Société Saint-Vincent-de-Paul de Chicoutimi. Il est aussi connu dans le paysage culturel comme cofondateur de la maison d'édition les Éditions Espoir.

C'est pourtant pour un triste sujet que son nom a été mentionné dans les médias, en 2012. Il dénonçait publiquement son père, René Thibeault, qui a été condamné à 62 ans à 30 mois d'emprisonnement pour avoir abusé de son fils et d'un autre enfant. Son père se trouve aujourd'hui en liberté depuis environ un an et demi.

C'est l'aide humanitaire qui a permis à Pascal Thibeault de se réaliser et de se reconstruire après ces événements qui l'ont amené à chercher un apaisement dans la toxicomanie.

«En Afrique, on m'a reconnu à ma juste valeur, souligne l'auteur du livre Révéler l'indicible après 35 années, publié en 2012. C'est comme mon deuxième pays. Je me sens chez moi. Tout ce que ces orphelins et ces enfants déshérités veulent, c'est de l'attention.»

Ses yeux brillent lorsqu'il raconte son quotidien à Yaoundé, où ses journées commencent à 4h30 du matin et ne se terminent que tard le soir, au son du djembé et des chants africains. Il revient d'ailleurs tout juste d'un séjour d'un mois dans la communauté.

Dans ses ateliers de catéchèse, les souffrances qu'il a vécues ne sont pas un sujet tabou.

Lorsqu'il raconte aux enfants qu'il a lui aussi connu la souffrance, les petits demeurent incrédules. «Mais ça ne se peut pas mon frère, tu es Blanc!», lui a lancé une fois un jeune garçon.

Il a fait de cette souffrance qu'il porte en lui la pierre d'assise pour donner un sens à sa vie.

«La meilleure école de ma vie a été la souffrance. C'est elle qui m'a fait grandir», conclut celui qui rêve de passer 12 mois par année au Cameroun.

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