Pierrette Pouliot-Gilbert

Veuve de chasse pendant 55 ans

La passion du chasseur d'orignal Paul-Étienne Gilbert n'a... ((Photo Le Quotidien, Marianne L. St-Gelais))

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La passion du chasseur d'orignal Paul-Étienne Gilbert n'a jamais fait souffrir d'ennui sa femme Pierrette Pouliot-Gilbert, lors de ses sorties automnales. Le couple ne possède même pas l'expression «veuve de chasse» dans leur vocabulaire.

(Photo Le Quotidien, Marianne L. St-Gelais)

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«Il avait la chasse, et moi les enfants pour m'occuper!» La Baieriveraine Pierrette Pouliot-Gilbert est mariée à un chasseur d'orignal depuis 55 ans, et jamais elle n'a souffert de l'absence de son époux pendant l'automne. Loin de s'apitoyer sur son statut de «veuve de chasse» comme pourraient le faire certaines, la mère de trois garçons en a profité pour les élever dans la nature.

De plus en plus, les femmes de chasseurs sont stéréotypées dans les médias. Les bars et les restaurants organisent des «soirées spéciales veuves de chasse» où danseurs nus et démonstrations de produits érotiques sont à l'honneur. Mme Pouliot-Gilbert, elle, ne connaît même pas cette expression devenue si populaire.

«J'ai eu le privilège de l'accompagner dans ses activités», se réjouit la grand-mère de 89 ans en regardant son cher Paul-Étienne Gilbert, 84 ans. Elle pouvait admirer la forêt à leur chalet, aux alentours de Ferland-et-Boilleau, pendant que les enfants jouaient dans le bois et que lui devait rester quelques nuits à sa cache plus haut dans les montagnes. «On se voyait quand même souvent! Il y en a, des hommes qui partent loin», admet-elle avec compassion. D'autres fois, Pierrette Pouliot-Gilbert demeurait à la maison. La plus longue période de chasse a été de 15 jours.

«Tu n'avais pas tué une perdrix, une fois que je t'avais amenée?», lui demande avec amour son mari. «Oh non! J'ai visé, mais je n'ai jamais été capable, s'écrie-t-elle. J'aime bien trop les petits animaux. Tu n'avais pas besoin de moi pour chasser.»

Par contre, la charmante dame lui a été bien utile pour leur entreprise Élan enr. Pendant ses 22 années d'activités, elle a vendu 24 000 disques, destinés aux chasseurs pour perfectionner leur technique d'appel, jusqu'à Winnipeg et aux États-Unis. Des éditions sur les cris des outardes et des corneilles ont aussi été produites dans les années soixante. «Je tenais la comptabilité, et comme je connaissais l'anglais, j'ai aidé pour la traduction», explique Mme Pouliot-Gilbert.

Avec cette initiative que le couple qualifie de première en Amérique du Nord, la création d'un club de chasse et pêche, le titre de champion régional au tir à la carabine et son travail d'instructeur d'armes à feu, Paul-Étienne Gilbert reste toutefois modeste. L'octogénaire refuse d'avouer son nombre de prises d'orignaux, malgré la fierté de sa femme. Avec un quota d'une bête par année et ses 65 ans d'expérience, il est facile de faire une estimation... Il a laissé sa place à la relève, représentée par ses petits-fils, il y a quatre ans.

Pierrette Pouliot-Gilbert se félicite de n'avoir aucun incident malheureux à déplorer durant toutes ces années, grâce à la prudence de son mari. Allergique à la viande d'orignal, elle se console en en servant à ses invités. L'ancienne maîtresse de poste est fière de son initiation au tir à la carabine, elle qui a même battu des femmes militaires lors d'une épreuve alors que «ce n'était pas [son] domaine».

«La première fois qu'il m'a laissée seule dans le bois, j'étais terrifiée! Je criais et je pensais que tous les ours des environs allaient venir me manger. Finalement, je me suis habituée», raconte celle qui a aussi pu compter sur des couples d'amis avec les mêmes intérêts. Elle sourit en se remémorant son voyage de noces. «On était sur le point de partir lorsque Paul-Étienne a aperçu un orignal. Il l'a suivi et bien vite, il a disparu. Je me suis dit, ça y est, on vient juste de se marier et il est déjà après une autre femelle!»

«Si elle n'avait rien voulu savoir de la chasse, notre relation aurait été difficile», concède le principal intéressé.

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