Fermeture de Poulet frit Gagnon

La fin d'une époque à La Baie

Le propriétaire de Poulet frit Gagnon, Roger Gagnon,... (Photo Le Progrès-Dimanche, Mariane L. St-Gelais)

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Le propriétaire de Poulet frit Gagnon, Roger Gagnon, a cuit hier les derniers morceaux de poulet du réputé restaurant baieriverain.

Photo Le Progrès-Dimanche, Mariane L. St-Gelais

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À 17h hier, le propriétaire de Poulet frit Gagnon, Roger Gagnon, faisait cuire ses derniers morceaux de viande blanche. Les serveuses devaient reconduire les clients à la porte, où la clé pour fermer définitivement était déjà insérée dans la serrure. Après 45 ans, les Baieriverains ne pourront plus savourer la fameuse recette secrète qui a tant fait la réputation du restaurant.

En cette journée spéciale, le cinéaste Philippe Belley a mis un point d'honneur à être présent. Du matin au soir, il a capté avec sa coéquipière les derniers moments de ce symbole du boulevard Grande-Baie. Il y a cinq ans, il avait produit un film, Roger, Paulo et la suite. «Je ne sais pas si je vais faire un court-métrage tout de suite, mais je trouvais ça important d'être là», indique le réalisateur.

Philippe Belley en connaît long sur l'histoire de M. Gagnon, qui peut enfin prendre sa retraite à l'aube de ses 80 ans. «Dans son sous-sol, il lui reste encore plein de sacs de son mélange d'épices. Il n'a jamais voulu dire la recette. Je pense que la feuille est dans un coffre à la banque, raconte-t-il. Quand il était plus jeune et qu'il travaillait dans un autre restaurant, son patron lui a demandé d'essayer de reproduire le goût du poulet PFK. La chaîne a fini par s'éloigner de leur recette originale, alors celle de M. Gagnon est encore meilleure!»

Le tablier plein de farine, le propriétaire en question sourit en serrant la main aux clients qui ne voulaient pas manquer cette chance de remercier celui qui les a fait saliver avec son poulet pendant tant d'années. «Je vais être triste quand je vais me réveiller dans quelques jours et que je n'aurai plus rien à faire», avoue Roger Gagnon, qui a décidé de ne plus vendre son commerce. «J'ai une poignée d'acheteurs, mais ils n'ont pas l'argent!»

Philippe Belley croit que l'homme est fatigué. «Il trouve ça plaisant la reconnaissance que les gens lui donnent, mais que c'est mieux comme ça. Il voulait quelqu'un avec le même profil que lui pour reprendre son entreprise, et là il est lassé de chercher.» Roger Gagnon ne mâche pas ses mots: «J'ai toujours dit que les restaurateurs sont des lâches. Regardez-moi, j'ai une grosse clientèle et un bon produit, pourtant je ferme.»

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