Érika Gravel pardonne à son chauffard

Nathan Simard-Jean pourra réfléchir à sa conduite automobile... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Nathan Simard-Jean pourra réfléchir à sa conduite automobile au cours des mois à venir.

Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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Même si elle souffrira toute sa vie de maux de dos, même si elle devra prendre de la morphine pour le restant de ses jours, Érika Gravel pardonne à son ami Nathan Simard-Jean de l'avoir entraîné dans un accident de la route en novembre 2014.

Hier après-midi, le juge Rosaire Larouche, de la Cour du Québec, a imposé une sentence de 12 mois de prison au jeune homme de 21 ans de Laterrière, qui était sans antécédent judiciaire chez les adultes (il a eu 20 heures de travaux communautaires à la jeunesse).

Le client de Me Marie-Ève St-Cyr devait subir son enquête préliminaire, mais a plutôt décidé de plaider coupable à une conduite dangereuse, à une entrave au travail des policiers et à une possession de stupéfiants.

En novembre 2014, Simard-Jean vient de vivre une rupture amoureuse. Au volant de sa Honda Civic, muni de pneus d'été usés, il circule à plus de 160 kilomètres à l'heure sur l'autoroute 70. Au moment de quitter l'autoroute en direction du rang Saint-Benoit, il perd le contrôle de sa voiture et se retrouve dans le décor. Il a ainsi infligé des blessures sérieuses à sa grande amie.

Ce soir-là, Érika Gravel a eu trois vertèbres fracturées et a subi une commotion cérébrale. Elle a porté un corset durant deux mois et devra prendre de la morphine pour le restant de ses jours.

« Et je vais avoir des maux de dos pour la vie. Je souffre de stress post-traumatique. Il m'arrive de faire des crises d'angoisse lorsque je suis dans une voiture. J'ai encore des craintes. Mais je n'en veux pas à Nathan. C'est mon ami (amitié). Je pense que c'est probablement quelque chose que l'on devait vivre ensemble. Nous allons continuer à nous parler et à nous voir. Après l'accident, le tribunal nous a interdit de communiquer. Mais après trois mois, j'ai demandé à Me Vallée (Sébastien) de lever cette interdiction. On va continuer à se voir et à se parler. Nathan, je l'aime », a conclu la jeune femme de 21 ans, essuyant une larme.

Le procureur de la Couronne, Me Vallée, avait suggéré une sentence de 16 mois d'emprisonnement, estimant que les gestes posés par l'accusé étaient graves.

« Nous vivons une situation triste. Heureusement, ça n'a pas viré à la tragédie avec des morts ou des gens handicapés pour le restant de leur jour. Il faut tout de même envoyer un message sur l'importance d'être prudent au volant », a résumé Me Vallée.

Suggestion de la désense

Du côté de la défense, Me St-Cyr a suggéré une peine variant de neuf à douze mois de prison.

« Mon client est un jeune homme. Il sait qu'il va demeurer en prison (il y est depuis le 17 août), mais à 21 ans, il commence sa vie. Ce sera à lui de la reprendre en mains à sa sortie de prison », a mentionné Me St-Cyr.

En plus de le condamner à 12 mois derrière les barreaux (moins les 68 jours de détention préventive), le juge ordonne une interdiction de conduire de 30 mois et une probation de 18 mois.

« Je vous suggère de travailler sur vous-même, de savoir ce qui vous a poussé à faire preuve d'insouscience et de témérité. Il faut espérer que la peine sera dissuasive », de noter le juge.

« Je tiens aussi à féliciter la jeune femme, votre grande amie, pour son attitude. Je vous invite à travailler fort pour conserver son amitié, car elle pourrait vous aider dans la vie », de conclure le juge Larouche.

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