Gilles Brien publie Les baromètres humains

L'envers de la pluie et du beau temps

Météorologue de formation, Gilles Brien s'est penché sur... ((Courtoisie))

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Météorologue de formation, Gilles Brien s'est penché sur les effets de la météo sur la santé physique et psychologique. Il vient tout juste de publier le livre Les baromètres humains chez Québec-Livres.

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Le Quotidien

Les personnes nées en été ont tendance à être plus heureuses. Juillet et août sont les mois de l'infidélité. La saison du divorce est l'hiver. Les cas de violence conjugale et les alertes à la bombe sont plus fréquents en période de canicule.

Météorologue de profession, Gilles Brien s'est penché sur l'influence de la météo sur la santé, les humeurs, le crime et le suicide au Québec. Il s'est associé à un médecin, le Dr Wilhelm Pellemans, pour mener cette vaste enquête dont les conclusions sont publiées dans l'ouvrage Les baromètres humains, paru en septembre dernier chez Québec-Livres. Gilles Brien, qui épousé une fille du Saguenay, connaît bien la région. C'est pourquoi, parmi les questionnements étudiés sur le terrain de la pluie et du beau temps, l'auteur s'est notamment penché sur les raisons pouvant expliquer le fait que le Royaume compte beaucoup de fans de la météo. Il a également consacré un chapitre du livre à la pluie artificielle au Saguenay-Lac-Saint-Jean en 1964 et à l'opération parapluie qui en a découlé.

«Je me suis toujours intéressé à l'influence de la météo sur les gens. Cet intérêt a été poussé par le fait que j'ai un fils autiste qui est très météo sensible. Quand je faisais la météo pour Montréal et que j'annonçais des orages et des vents forts, je voyais des changements dans son comportement», illustre Gilles Brien, qui a constaté que le phénomène de l'influence de la météo sur la santé n'avait jamais été étudié en Amérique du Nord.

«Plus je fouillais le domaine, plus je constatais que la santé physique et psychologique avait un lien avec la météo», enchaîne celui qui rappelle que ce sujet rejoint tous les publics.

Évoquant le fait que depuis 100 ans, les Québécois vivent à l'intérieur, le météorologue et auteur fait remarquer que les habitants de la Belle Province sont devenus moins résistants à la rigueur du climat.

«C'est très sec dans nos maisons, avec un taux d'humidité relative de 30 pour cent, comparativement à 27 pour cent dans le désert du Sahara. Il y a des contrastes épouvantables en termes de météo au Québec et on en paie le prix. On a environ 20 pour cent plus de chances de décéder en hiver», pointe celui qui sera de passage au Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean en fin de semaine prochaine.

Humeur

Dans son ouvrage, Gilles Brien se penche sur plusieurs phénomènes, mythes et légendes urbaines. Il démontre, études à l'appui, que certaines conditions climatiques favorisent une augmentation ou une baisse du sens critique, que le soleil et un vent léger ont un effet sur l'amabilité et la courtoisie des gens et qu'il faut attendre que la pluie cesse pour demander une augmentation de salaire à son patron.

«Un ciel moche et nuageux rend les gens sceptiques et circonspects. Quand il fait beau, les clients donneront des pourboires plus généreux au restaurant. Certaines de ces affirmations ont toujours été prises comme étant le sens commun. Il faut toutefois se méfier et j'ai tenté d'expliquer la vérité derrière certaines croyances», poursuit l'ancien employé d'Environnement Canada.

Le pouvoir de la pleine lune, notamment sur la fécondité des femmes, est l'un de ces éléments. Foutaises, dit Gilles Brien, qui a interrogé une panoplie de spécialistes et d'intervenants de divers domaines d'activités au cours des 30 dernières années dans le cadre de sa recherche.

Entre autres éléments fouillés par l'auteur figure le haut taux de prévalence du suicide au printemps, l'incidence plus élevée des cas d'asthme chez les personnes nées en juin, plus exposées au pollen. Gilles Brien a aussi exploré les cas de rage au volant, pour lesquels peu de statistiques existent au Québec, et conclut que ce type d'événement survient plus fréquemment en hiver.

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