Général de l'armée congolaise

Me Boutin représente « Terminator »

Me Philippe-Luc Boutin, qui est originaire de Mistassini,... ((Courtoisie))

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Me Philippe-Luc Boutin, qui est originaire de Mistassini, travaille présentement à la Cour pénale internationale.

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Après une brillante carrière dans les Forces armées canadiennes, Me Philippe-Luc Boutin devait faire son entrée au bureau d'avocats Maltais&Maltais, à Alma. C'est plutôt à La Haye, à la Cour pénale internationale, que le Dolmissois d'origine passe les premiers moments de sa « retraite ».

Il y défend un homme accusé de 13 chefs de crimes de guerre et de cinq chefs de crimes contre l'humanité, dont des meurtres, pillages, attaques contre des civils, viols et esclavage sexuel en Ituri en 2002-2003. Le Congolais Bosco Ntaganda a fait de Me Boutin et de Me Stéphane Bourgon, aussi un Québécois, ses avocats devant la CPI.

Ce procès est le « plus gros dossier à ce jour à avoir été devant la CPI en termes de nombre de chefs d'accusation », souligne Me Boutin, en entrevue par Skype.

« Le plan était de retourner chez nous, avec la famille. Mon terrain est déjà acheté et tous mes meubles sont au Lac, explique celui dont le frère et les soeurs sont toujours dans la région. J'ai reçu un appel à la fin de l'été dernier. On me parlait de cette possibilité. Je me suis assis avec la direction de Maltais et Maltais. Nous avons convenu que je réintégrerais le bureau après mon travail à La Haye. »

L'avocat a été approché par Me Bourgon compte tenu de sa vaste expérience dans le domaine militaire.

« Dans sa recherche d'avocats, le client cherchait des gens qui avaient les compétences et l'expérience. Mon nom a été soumis. Je suis un ''outsider'' ici parce que je n'ai pas fait carrière à la CPI. Ici, la compétition est internationale. Elle est donc très forte. » Ils sont une équipe de douze personnes, dont sept avocats, à s'occuper de la défense de celui qui est surnommé « Terminator ». Ce sont Me Bourgon et Me Boutin qui prennent les décisions finales.

« Je vous mentirais si je vous disais que La Haye était un objectif pour moi. Lorsque l'on regarde l'envergure, c'est certain que c'est intéressant, mais c'est énormément de travail. Mon collègue Me Stéphane Bourgon a travaillé sur SharQc et il dit que la complexité est multipliée par dix. SharQc est une peanut comparativement à cela en termes de complexité. »

SharQc est l'opération qui a permis de pratiquement rayer de la carte les Hells Angels au Québec. Elle a permis de porter des accusations de gangstérisme, de trafic de drogue, de complot pour meurtre et de meurtre contre 156 personnes.

Bosco Ntaganda, général dans l'armée congolaise de 2007 à 2012, était l'un des fugitifs les plus recherchés au monde jusqu'à ce qu'il se rende, de manière inopinée, à l'ambassade des États-Unis à Kigali, au Rwanda, en mars 2013, pour demander son transfert à la CPI.

Pas prévu

Philippe-Luc Boutin ne se destinait pourtant pas à devenir avocat, après avoir fait des études au Cégep de Saint-Félicien. Aucun membre de sa famille n'est avocat, et lui espérait être ingénieur forestier.

« Je me suis vite aperçu que je n'étais pas très doué en sciences fondamentales. J'étais meilleur en sciences humaines. J'ai donc envisagé de devenir notaire. J'étais très gêné, je ne me voyais pas avocat. J'ai finalement décidé de devenir avocat pour voir où ça allait me mener. »

Cela l'a mené en Bosnie, au Rwanda, en Croatie, à Haïti, au Honduras et en Afghanistan, en outre, où il a travaillé pour les Forces. Et maintenant, aux Pays-Bas, à la CPI. Dans deux ans, quand le procès de Ntaganda sera terminé, c'est ailleurs que Me Boutin exercera sa profession.

« Je suis spécialisé en droit criminel. Je vais donc travailler aux palais de justice à Alma, Chicoutimi et Roberval », dit-il, avec un enthousiasme non feint.

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