Alain Gauthier n'a pas hésité à reprendre l'air malgré un grave accident

Amputé, mais passionné

Alain Gauthier parle de son accident comme quelque... ((Photo Le Quotidien, Marianne L. St-Gelais))

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Alain Gauthier parle de son accident comme quelque chose survenu dans un lointain passé oublié, alors que celui-ci ne date que de huit mois.

(Photo Le Quotidien, Marianne L. St-Gelais)

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Julien Renaud
Le Quotidien

Le 23 janvier, la passion d'Alain Gauthier pour le parapente a bien failli lui coûter la vie, lorsque son planeur s'est entremêlé dans des fils électriques. Amputé au bras droit, le pilote n'a pas hésité une seule seconde à s'envoyer en l'air de nouveau, malgré les craintes de ses proches et de ses médecins.

Le Septilien, qui réside désormais à Québec, relate la tragédie du 23 janvier, survenue à Lac-au-Saumon près d'Amqui, avec une légèreté déconcertante. « C'est tout simple ce qui s'est passé. Je me suis pris dans des fils haute tension. J'allais atterrir et je ne les avais pas vus. J'ai voulu passer par-dessus, mais je me suis retrouvé suspendu dedans. En voulant me relever, ma main a sans doute touché le fil. Je ne me rappelle plus de rien », raconte-t-il.

« J'étais mort, reprend l'homme de 51 ans. Je ne respirais plus et je ne bougeais plus. Deux autres pilotes m'ont décroché et en tombant au sol, je me suis remis à respirer et à vomir. »

Après avoir passé 77 jours « aux grands brûlés », enduré une greffe de la peau et, surtout, subi trois amputations à son bras droit, Alain Gauthier se sentait prêt pour voler à nouveau. « Au mois de mai, j'ai recommencé à voler, alors que j'étais encore au centre de réadaptation physique. Je ne le disais pas aux thérapeutes, je faisais ça en cachette. Je n'ai pas hésité, pas pantoute. Je n'avais aucune gêne, aucun frein, aucune hésitation. C'est seulement les autres qui avaient peur pour moi », a-t-il confié, en marge de l'événement Festiciel de Saint-Fulgence, dimanche.

« Pour moi, c'est passé et c'est loin », ajoute-t-il.

Contrairement aux apparences, le parapentiste ne carbure pas à l'adrénaline. C'est plutôt tout le contraire. « Je n'aime pas l'adrénaline. Je suis un contemplatif. Quand je suis dans les airs, je suis totalement présent, relaxé. C'est une sensation extraordinaire. Comment je pourrais décrire ça? C'est comme s'il n'y avait pas de passé et pas de présent. Le cerveau ne fonctionne pas. C'est comme une supraconscience. On s'envoie en l'air, quoi dire de plus? », décrit-il, les yeux mi-fermés, comme pour revivre le vol d'environ une heure qu'il venait d'effectuer au-dessus des monts Valins.

« C'est la troisième fois que je viens à ce festival. Tous les intervenants sont "sur la coche". Ça brassait un peu, mais je me suis amusé. C'est tellement beau de voir le fjord et les nuages. C'est de toute beauté. Ça donne le goût de revenir encore », affirme ce grand passionné, biophysicien et programmeur analyste de formation.

Planeur adapté

Pilote de parapente depuis 19 ans, Alain Gauthier était également un amoureux du deltaplane, mais il a dû renoncer à cette activité en raison de sa condition physique. Toutefois, il peut toujours effectuer des vols en parapente, grâce à quelques modifications sur son planeur. « Sur un parapente, il y deux poignées pour contrôler les deux demi-ailes. J'ai remplacé ça par un bâton et j'essaie de simuler le mouvement des deux mains », explique-t-il, précisant n'avoir eu aucune difficulté à s'adapter à son nouvel engin.

« Je suis comme un enfant, je suis ouvert à tout et j'apprends vite », rigole M. Gauthier, membre d'une petite fraternité de parapentiste à Cap-Santé, dans la région de la Capitale-Nationale.

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