Construction d'une nouvelle ligne de transport

Entrepreneurs mécontents à Mashteuiatsh

Sur le chantier obtenu par Mashteuiatsh, dans le... (Photo Le Quotidien, Laura Lévesque)

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Sur le chantier obtenu par Mashteuiatsh, dans le chemin de la Branche Ouest près de La Doré, on peut apercevoir de la machinerie appartenant à l'entreprise de l'extérieur Midifor.

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Laura Lévesque
Le Quotidien

À peine entamé, le chantier de 1,4 milliard $ visant la construction d'une nouvelle ligne de transport d'électricité de 400 kilomètres entre le Lac-Saint-Jean et Montréal soulève déjà du mécontentement chez des entrepreneurs autochtones. Hydro-Québec vient d'accorder de gré à gré le contrat de déboisement pour les 27 premiers kilomètres à la communauté de Mashteuiatsh.

Un contrat, estimé entre 3 et 5 millions $, obtenu par l'entreprise Massinak. Cette dernière, fondée il y a quelques mois dans la communauté, effectuera les travaux sous les conseils du consultant Michel Flamand, propriétaire de Midifor, une entreprise de la région de Chaudière-Appalaches spécialisée dans ce type de chantier et dont la machinerie se trouve déjà sur les lieux. Une présence non souhaitée par certains membres de la communauté autochtone.

« Ces contrats de gré à gré sont censés favoriser les entreprises locales. Mais des pelles mécaniques d'une entreprise de l'extérieur sont sur le chantier, alors que dans la communauté, des entreprises possèdent ce genre de machinerie », déplore un entrepreneur rencontré un peu plus tôt cette semaine.

Ce dernier, comme d'autres, met en doute le processus de sélection qui a mené à ce choix et surtout, la présence de cette entreprise de l'extérieur. Développement Piekuakami Ilnuatsh (DPI), le bras entrepreneurial du conseil de bande, avait le mandat de dénicher la ou les entreprises de la communauté responsables de ce premier contrat. Pour la première fois, la direction de l'organisation a opté pour une entrevue en personne pour trouver l'entrepreneur. Sept des 12 entreprises de foresterie de Mashteuiatsh ont accepté de rencontrer le comité de sélection. Et avant même de confirmer l'heureux élu, DPI imposait la présence du consultant, le propriétaire de Midifor, qui doit être payée par l'entreprise choisie.

« C'est tellement arbitraire comme façon de procéder. On n'a pas déposé de soumission en bonne et due forme. Et ils ont choisi une jeune entreprise qui n'a pas beaucoup d'équipements pour faire ce genre de contrats. Évidemment, cette entreprise a pris des équipements à Midifor », dénonce un autre intervenant de la communauté, issu du milieu des affaires.

Directrice générale de DPI, Colette Robertson admet que son organisation a choisi un processus de sélection différent des années passées. Un choix qu'elle défend toutefois bec et ongle et qui n'a pas été contesté par le conseil de bande, commanditaire de l'organisation.

« On a décidé de faire affaire avec un expert dès le départ (propriétaire de Midifor), car aucune des entreprises de la communauté n'avait le savoir-faire pour ce genre de travaux. On voulait s'assurer que le contrat soit bien réalisé et éviter certaines erreurs commises dans le passé. À notre avis, il s'agissait du meilleur processus. On a questionné les entreprises et on a pris celle qui avait les meilleures perspectives de réussir. Deux se sont démarquées, mais il fallait en prendre une seule », décrit Mme Robertson, ajoutant que la machinerie détenue par l'entreprise ne faisait pas partie des critères de sélection.

Selon cette dernière, l'entreprise retenue, Massinak, possède certains équipements, mais elle a été invitée à faire affaire avec des entreprises locales si elle avait besoin d'en louer. Sur le chantier, il a été possible de constater la présence de pelles mécaniques affichant le logo de Midifor. « Probablement que ces équipements n'étaient pas disponibles dans la communauté », croit Mme Robertson, insistant sur le fait que M. Flamand a été embauché en tant qu'individu et non en tant qu'entreprise. Questionnés sur la présence de ces équipements, au moins deux des entrepreneurs rencontrés par Le Quotidien ont confirmé posséder les mêmes.

Joint un peu plus tôt cette semaine, le porte-parole du conseil de bande, Dave Casavant, confirme que les élus étaient confortables avec la façon de faire de DPI. Mais ce dernier a tenu à demeurer prudent dans ses commentaires.

« Le conseil veut s'assurer que les choses soient bien faites. On demeure sensible aux doléances des entrepreneurs. Mais à l'inverse, on est soucieux d'éviter de s'ingérer politiquement dans ces dossiers. DPI a d'ailleurs été créée pour éviter cette ingérence », précise M. Casavant.

Il a été impossible, hier, de parler avec les propriétaires de Massinak et d'en savoir davantage sur la présence des équipements de Midifor, lesquels pourraient désormais leur appartenir. L'appel logé en fin de journée, hier, n'a pas été retourné.

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