Cartage obligatoire dans plusieurs dépanneurs de Roberval

Fini le cartage arbitraire à Roberval, a confirmé... (Photo Le Quotidien, Laura Lévesque)

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Fini le cartage arbitraire à Roberval, a confirmé hier le président de l'AQDA, Michel Gadbois (à droite). Il est accompagné du propriétaire du dépanneur Chez Ricky, Richard Guénard, un des premiers commerçants à avoir instauré cette pratique.

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Laura Lévesque
Le Quotidien

Une septuagénaire qui demande un gratteux, un homme de 35 ans qui prend une caisse de bières, un adolescent qui tente de se procurer des cigarettes. Dès le 1er septembre, les principaux dépanneurs et épiceries de Roberval exigeront une carte d'identité à tous ceux qui souhaitent acheter du tabac, de l'alcool ou de la loterie, et ce, peu importe l'âge apparent. Une première au pays, selon président de l'Associatoin québécoise des dépanneurs en alimentation (AQDA), Michel Gadbois, ajoutant que cette façon de faire mettra les commerçants à l'abri des amendes qui peuvent atteindre les 150 000 $ pour la vente de tabac à un mineur.

« C'est un mouvement qui part d'ici qui va faire en sorte qu'à l'avenir le cartage pour les produits interdits aux mineurs va devenir obligatoire. Volontairement de notre part, mais on espère que le gouvernement l'insère dans une loi. C'est ce qu'on veut depuis longtemps », rappelle M. Gadbois.

Et ce n'est qu'une question de mois, voire d'une année, avant que la pratique soit répandue à tous les dépanneurs du Québec.

« Je ne peux pas dire à quelle vitesse, mais je peux dire que la région va être couverte assez rapidement. Et puisque les principales bannières sont impliquées, les chaînes vont reprendre le mouvement un peu partout. Je pense que d'ici six mois ou un an, le système va être en place partout au Québec », croit M. Gadbois.

Ça fait plusieurs années que le milieu commercial exige la présentation obligatoire d'une carte. Parce qu'aucun propriétaire ne voulait faire cavalier seul, craignant de perdre une clientèle.

« Les détaillants ont toujours voulu le faire. Mais il n'y a pas un secteur où la concurrence est plus forte que dans le nôtre. Et le temps est important. Si un commerce prend trop de temps pour le cartage, alors que l'autre tout près est plus tolérant et ne carte pas tout le monde, le premier risque de perdre une clientèle. De là l'importance d'être solidaire dans cette mesure. Que ça soit par région ou par municipalité, comme ici à Roberval », précise le président de l'AQDA.

Il y en a quand même un qui a fait cavalier seul pendant plusieurs mois à Roberval. Propriétaire du dépanneur Chez Ricky, Richard Guénard a instauré ce système il y a de ça plusieurs mois déjà, après avoir été pris en défaut par un inspecteur.

« C'est à partir de ce moment-là que j'ai pris la décision. Mais heureusement, j'ai contesté et j'ai gagné. Il a toutefois fallu que j'attende près d'un an avant de passer devant un juge. Pendant ce temps, je ne pensais qu'à ça. Je risquais de perdre le droit de vendre du tabac pendant un mois. C'est énorme pour un commerce comme le mien », raconte M. Guénard, ajoutant que ses clients acceptent relativement bien cette mesure.

Projet de loi 44

Cette nouvelle façon de faire n'est pas étrangère au projet de loi 44, qui vise à renforcer la lutte au tabagisme. Québec veut en effet hausser les amendes des détaillants de tabac pour vente aux mineurs. L'amende pour une récidive peut atteindre les 250 000 $. Et le ministère de la Santé a plus que doublé les inspections mystères. De plus en plus de comédiens mineurs sillonnent les dépanneurs pour prendre un commis en flagrant délit.

Le cartage obligatoire est donc une avenue intéressante pour mettre les détaillants à l'abri des amendes. L'AQDA réclame d'ailleurs que cette mesure fasse partie d'une loi.

« On a 70 dépanneurs et tous les gens sont contre le fait de vendre aux mineurs. Mais on pense que prendre un canon pour nous tuer, ce n'est pas la solution. Si moi, j'écoeure mon client avec le cartage et qu'il décide d'aller chez la compétition, je n'ai rien gagné. Si ça vient de la société, par contre, ça peut mieux passer. Le gouvernement veut mettre les amendes plus sévères, mais il devrait aller jusqu'au bout et intégrer le cartage obligatoire. Mais on dirait qu'il ne veut pas porter l'odieux de tanner la population », constate Jacques Falardeau, du groupe Saga, ajoutant que si le gouvernement voulait enrayer le problème, il devrait carrément interdire la possession de tabac chez les mineurs.

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