La loto-prof arrive au secondaire

À quelques jours de la rentrée, des enseignants du secondaire à statut précaire... (Photothèque La Presse)

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Laura Lévesque
Le Quotidien

À quelques jours de la rentrée, des enseignants du secondaire à statut précaire de la Commission scolaire de Rives-du-Saguenay dénoncent le nouveau système de suppléance, le même qui a été instauré aux niveaux primaire et préscolaire l'an dernier.

L'annonce a causé un électrochoc, la semaine dernière. Parce que cette année, le nombre de contrats à long terme serait moindre, notamment en raison de l'abolition de postes et du gonflement des classes, causant ainsi plus d'incertitude. Pour compenser la diminution de ces contrats, qui sont donnés en fonction de l'ancienneté, les professeurs comptaient sur la suppléance occasionnelle, soit 10 jours et moins. Mais le nombre d'années d'expérience ne fait pas partie des critères de ce nouveau système.

Plusieurs enseignants ont écrit au président de la CS, Antonin Simard, pour décrier la situation. « Je comprends parfaitement que vous n'ayez pas de contrôle sur les coupes gouvernementales, sur la clientèle du secondaire qui tarde à augmenter, mais de piger des suppléants d'expérience parmi d'autres fraîchement sortis de l'université, je ne comprends pas », écrit une enseignante cumulant plus de 10 ans d'expérience, dans une lettre obtenue par Le Quotidien.

Autrefois, chaque école avait la responsabilité de contacter les enseignants. Le nouveau système consiste à centraliser la gestion des remplacements de moins de 10 jours. Les enseignants sont ensuite affectés à un regroupement d'écoles pour lesquelles ils seront appelés de façon aléatoire. « Malgré le peu d'emplois disponibles en enseignement en ce moment dans la région, vos enseignants contractuels qui ont travaillé fort ces dernières années essaient de continuer d'espérer. Je ne comprends pas comment ce système peut permettre de garder espoir. Je ne comprends pas comment les nouveaux employés sans expérience peuvent être mis sur le même pied que ceux qui sont déjà présents depuis très longtemps », peut-on lire dans une autre lettre.

« Avant, je ne m'inquiétais pas de ne pas avoir une tâche complète. Mes preuves étaient faites et je pouvais compter sur les revenus de la suppléance. Mais maintenant, je ne vaux pas plus que n'importe quel nouveau diplômé », déplore un autre enseignant du secondaire.

Bien qu'il ait reçu les lettres il y a quelques jours, M. Simard n'a toujours pas répondu aux enseignants.

Le pouvoir du syndicat, selon les professeurs rencontrés, est limité étant donné que la suppléance occasionnelle ne fait pas partie de la convention collective.

Ne sachant plus à quel saint se vouer, les enseignants ont écrit, lundi dernier, au député Stéphane Bédard. « On se sent seul. Personne ne nous écoute, personne ne nous défend. Des carrières et des familles sont en jeu. Nous sommes désespérés. C'est gênant de se faire traiter ainsi. Je n'avais jamais encore vu des gens quitter la séance d'affectation en pleurant, mais cette année, oui. Avouez que ça fait mal au coeur qu'en 2015, on peut se fier à un boulier au lieu des compétences et de l'expérience pour faire travailler des gens qui ont un baccalauréat de quatre ans et qui forment la jeunesse d'aujourd'hui », écrit un des enseignants, qui s'est fait le porte-parole de ses collègues.

Par crainte de représailles, les enseignants ont préféré conserver l'anonymat.

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