Sauvé par sa casquette

Jean-Francois Savard croit que la percussion de la... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Jean-Francois Savard croit que la percussion de la pierre sur sa palette de calotte a pu ralentir sa vélocité suffisamment pour lui éviter le pire.

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

Le sportif et informaticien Jean-François Savard peut remercier le ciel d'avoir porté une simple casquette de baseball samedi dernier alors qu'il assistait à une course automobile à l'Autodrome de Drummondville. Son couvre-chef lui a sauvé la vie lorsqu'une roche se déplaçant à plusieurs dizaines de kilomètres à l'heure l'a atteint en plein visage, lui infligeant de sévères blessures.

Avantageusement connu à une certaine époque dans le monde du baseball régional, M. Savard a profité de sa deuxième semaine de vacances pour accompagner son ami pilote de course en formule Modlite, Patrick Maltais, dans les puits à l'Autodrome de Drummondville. À noter que la piste de l'autodrome est constituée de terre battue.

Après le déroulement de la course Modlite, MM. Savard et Maltais, ainsi que d'autres personnes, ont décidé d'assister à la finale des voitures modifiées, tous bien installés dans les gradins publics face au virage numéro 4 de la piste. «Je n'ai jamais porté attention aux mesures de sécurité à cet autodrome qui peut recevoir 7000 personnes. Il y avait présence d'un grillage, mais on était à environ 100 à 150 pieds de la piste», raconte le Chicoutimien quelques jours après l'événement.

Alors qu'il était à la gauche de son ami Patrick, M. Savard lui a proposé de changer de place afin de lui permettre de mieux échanger avec une connaissance venue de Gatineau.

À mi-course, soit aux environs du 30e tour, alors que les voitures roulent à 200-240 km/heure, Jean-François Savard reçoit une roche sortie de nulle part en plein visage, possiblement propulsée par une roue de voiture en piste. «Je n'ai jamais vu venir la roche qui avait un bon volume. Je ne crois pas avoir perdu connaissance. Je me suis laissé tomber sur mon chum Pat. Je me souviens que les gens autour de moi criaient. Les pompiers sont arrivés, puis les ambulanciers», raconte-t-il.

Transporté à l'hôpital de Drummondville pour y recevoir des points de suture au nez et au visage, les médecins proposent de le déplacer à l'hôpital de Trois-Rivières afin d'être vu par un spécialiste maxillo-facial. Il préfère qu'on le transporte à Chicoutimi. Une fracture et un renfoncement du nez et des sinus, le déplacement d'une arcade sourcilière ainsi qu'un espace sous l'hypophyse qui risque d'affecter le cerveau s'il ne subit pas une opération dans les prochains jours sont diagnostiqués par les médecins. De puissants médicaments lui sont administrés pour éviter la douleur en attendant que son visage désenfle.

Chance

Trois jours après l'incident, Savard est en mesure de constater à quel point il a frôlé la mort. L'examen de sa casquette aux couleurs des Red Sox lui fait dire que la roche a d'abord percuté la palette, ce qui, selon lui, a réduit la force de l'impact. Le port de lunettes a pu jouer un rôle. «C'est certain que j'aurais pu perdre un oeil. Si ça avait été un jeune enfant ou une personne âgée qui était à ma place, il y aurait eu un mort», affirme-t-il.

Du côté de l'Autodrome de Drummondville, aucun appel téléphonique ou visite à l'hôpital n'ont été signalés comme si rien n'était survenu, affirme M. Savard. «Si l'autodrome est au courant du manque de sécurité dans le secteur du virage numéro 4 et ne prend pas les mesures nécessaires pour assurer la sécurité du public, elle ne fait pas face à ses responsabilités», déclare-t-il.

Lorsque les interventions chirurgicales et sa guérison seront chose du passé, Jean-François Savard entend examiner les possibilités qui s'offrent au plan judiciaire. Déjà des mises en demeure sont en préparation.

Il conclut avec humour en affirmant qu'après avoir manipulé tant de balles de baseball dans sa carrière de joueur et entraîneur, il ne croyait jamais qu'une simple roche éjectée d'une piste d'autodrome viendrait causer autant de dommages.

Du côté de la direction de l'autodrome, il n'a pas été possible de joindre un responsable puisqu'un message vocal informe qu'un membre du personnel n'est présent que le mercredi.

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