Festival de l'Internet d'Alma: La sécurité informatique est un mythe

Jean-Philippe Décarie-Mathieu... (Gimmy Desbiens)

Agrandir

Jean-Philippe Décarie-Mathieu

Gimmy Desbiens

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Anne-Marie Gravel
Le Quotidien

(ALMA) La deuxième édition du Festival de l'Internet à Alma bat son plein. Des spectacles de musique, d'humour, et plusieurs autres activités liées à l'univers du Web se déroulent jusqu'à ce midi au centre-ville. Du lot, la conférence d'un invité a attiré particulièrement l'attention. Jean-Philippe Décarie-Mathieu est celui qui a divulgué le nombre de fonctionnaires canadiens membres du site de relations extraconjugales ashleymadison.com dont les données ont été dévoilées plus tôt cette semaine par The Impact Group, un groupe de pirates informatiques.

Jean-Philippe Décarie-Mathieu a publié sur son compte Facebook quelques mots qui ont suscité énormément d'intérêt le 19 août. Il a dévoilé le nombre d'employés fédéraux, de la Gendarmerie royale du Canada, de la Sûreté du Québec et de la police de Montréal qui ont utilisé leur adresse courriel de travail pour devenir membre du site coquin.

Quelques heures plus tôt, les données volées de quelque 32 millions d'utilisateurs du site ont été mises en ligne par des pirates informatiques.

«La structure de la fuite m'intéressait. La nuit où la fuite est survenue, j'ai analysé la liste. Je n'ai rien fait de spécial ou d'illégal. J'ai pris les données brutes déjà disponibles, qui peuvent être lues par toutes les personnes qui ont une certaine expertise. J'ai été le premier Québécois à le faire, tout simplement. Je n'ai pas participé à la fuite», précise-t-il.

Le passionné d'informatique s'attendait à découvrir des adresses canadiennes, mais pas des centaines.

«J'ai fait une publication sur Facebook. Les médias ont manifesté de l'intérêt et ç'a fait boule de neige.»

Des enquêtes sont maintenant ouvertes au sein des différentes instances.

Le fait qu'il s'agisse d'un site de relations extraconjugales intéresse peu Jean-Philippe Décarie-Mathieu. Ce qui l'interpelle, c'est l'aspect sécurité de l'histoire.

«C'est un événement qui frappe l'imaginaire, mais ce n'est pas juste une affaire de moeurs. C'est une question de sécurisation des données. Le but était d'exposer les opérations frauduleuses d'ashleymadison.com, qui disait éliminer les données, mais qui les archivait en texte non crypté.»

Démontrer les failles de sécurité est sa motivation première.

«La sécurité informatique, c'est un mythe en 2015. Quand quelqu'un est décidé à trouver quelque chose, ce n'est qu'une question de temps. Certains systèmes sont plus sécuritaires que d'autres, mais pas infaillibles.»

Il a d'ailleurs fondé il y a deux semaines à peine, crypto.québec, un organisme spécialisé en informatique dont l'objectif est de faire de la pédagogie en lien avec les enjeux de vie privée et de sécurité de l'information.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer