Val Rasmussen se désole

Le parc de la Francité, situé aux abords de la rivière aux-Sables, à Jonquière,... (Rocket Lavoie)

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Mélyssa Gagnon
Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

(JONQUIÈRE) Le parc de la Francité, situé aux abords de la rivière aux-Sables, à Jonquière, a perdu ses lettres de noblesse. Négligé depuis plusieurs années, ce corridor pédestre aménagé dans le but de faire rayonner 64 pays et départements d'expression française situés aux quatre coins de la planète équivaut désormais à un véritable déshonneur, selon l'un de ses membres fondateurs, Val Rasmussen.

Le Jonquiérois, qui puise ses origines au Danemark et qui se passionne pour l'histoire, était de passage près de Place Nikitoutagan la semaine dernière pour une promenade. Il n'avait pas mis les pieds au parc depuis quelque temps et a été choqué de constater que de nombreuses oriflammes à l'effigie des pays francophones du monde ont subi l'épreuve du temps, sans que la Ville n'y remédie. Plusieurs panneaux ont été fouettés par le vent, laissant des trous béants aux côtés des réverbères qui leur servaient autrefois de supports.

Val Rasmussen est d'autant plus vexé qu'il a remué ciel et terre il y a une vingtaine d'années pour que le parc de la Francité voie le jour. Il se souvient d'un dossier difficile à mousser, vu le caractère politique que certains élus et gens d'affaires lui accolaient. Le désir de mettre en valeur la langue française en plein coeur d'un parc urbain était perçu comme un appui au Parti québécois et à la souveraineté.

«Ç'a pris au moins 10 ans avant que ça se réalise. Les gens me disaient: «Pourquoi tu te mêles de ça? C'est politique. Tu es toi-même un libéral». Je leur répondais que c'est l'histoire qu'il faut relater. La politique n'a rien à voir là-dedans», raconte le coloré citoyen.

Le parc de la Francité a vu le jour sous le règne de Marcel Martel, alors maire de Jonquière. Il s'en est fallu de peu, dit Val Rasmussen, pour que la place publique soit aménagée à Chicoutimi, sur la zone portuaire. Devant l'hésitation des élus de Jonquière, le projet a été présenté à des fonctionnaires de Chicoutimi. Ils ont plus tard dissuadé Ulric Blackburn d'aller de l'avant.

EN MAUDIT

Val Rasmussen rappelle qu'il fut un temps où le parc de la Francité était un endroit vivant, le théâtre de rassemblements importants et un lieu de rencontre dont le sol a été foulé par plusieurs dignitaires et diplomates issus de pays francophones du globe. Le poète et chanteur Gilles Vigneault a lui-même inauguré le bucolique espace au début des années 90.

«La population est en maudit. Je m'en fais souvent parler. La conseillère Sylvie Gaudreault m'a dit plusieurs fois qu'il faudrait relancer la Francité, mais rien n'est fait. Il faut remettre ça en valeur. Pas besoin de débâtir Place Nikitoutagan et investir des millions de dollars. Au contraire, on pourrait garder le pavillon en mémoire des championnats canadiens de canoé kayak (NDLR: tenus à Desbiens et à Jonquière en 1979)», estime Val Rasmussen.

Le «Viking», qui affirme avoir réussi à convaincre la mairie de Jonquière de changer le nom du boulevard de la Centrale pour celui de René-Lévesque, espère que Saguenay fera ce qu'elle doit pour redorer le blason du parc de la Francité. Il en appelle à davantage de volonté politique en ce sens.

mgagnon@lequotidien.com

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