Édifices de douze étages et moins

Québec permet de construire en bois

À l'exception des résidences pour personnes âgées, du... (Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

Agrandir

À l'exception des résidences pour personnes âgées, du moins pour le moment, la construction d'édifices de 12 étages et moins en bois est maintenant permise, a annoncé, hier, le premier ministre Philippe Couillard. Sur la photo, il est entouré du PDG de la Régie du bâtiment, Stéphane Labrie, du député Serge Simard et du ministre Sam Hamad.

Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Laura Lévesque
Le Quotidien

Terminées les nombreuses démarches et autorisations requises par la loi et qui pouvaient décourager les promoteurs. La construction de bâtiments en bois de 12 étages et moins est dorénavant permise avec l'utilisation d'un guide lancé hier à Dolbeau-Mistassini, par le premier ministre Philippe Couillard et le ministre du Travail, Sam Hamad. Une annonce qui fait du Québec la première juridiction en Amérique du Nord à encadrer la construction de hauts bâtiments en bois.

«La beauté du guide, c'est que les constructeurs de bâtiments de six étages et plus seront dispensés de faire une demande à chaque fois à la Régie du bâtiment. Les directives existent maintenant. Ça simplifie donc énormément les démarches des promoteurs qui vont maintenant envisager le bois au même titre que le béton ou l'acier. Et on ne fait pas ça contre l'industrie du béton. On le fait pour la promotion d'un produit fondamental au Québec, le bois», a insisté Philippe Couillard, lors d'une conférence de presse tenue dans un bâtiment construit en bois, soit au Centre de formation et de transfert technologique sur les pratiques forestières de Dolbeau-Mistassini.

Québec fait en effet figure de proue dans ce domaine. Le plus haut bâtiment résidentiel à la structure 100% de bois en Amérique du Nord sera inauguré en 2016 dans la Vieille capitale, soit le projet Origine de la Pointe-aux-Lièvres.

«On est véritablement des chefs de file dans ce domaine. Que ça soit en terme d'accessibilité, en terme réglementaire ou de connaissance de notre industrie. On a une expertise de pointe dans le domaine», a mentionné le président-directeur général de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ), Stéphane Labrie, à la faveur d'une entrevue accordée au Quotidien.

Les constructeurs seront plus enclins à envisager le bois avec les démarches en moins et son caractère écologique. Mais la rapidité de la construction qu'offrirait le bois pourrait aussi convaincre les promoteurs, croit le PDG de la RBQ, qui était également présent à l'annonce effectuée à Dolbeau-Mistassini.

«Les démonstrations ont été faites. La solidité structurale d'un bois massif est aussi bonne, parfois meilleure que l'acier et le béton. Les ingénieurs nous disent aussi que le bois permet de réduire la durée du chantier. Par exemple, un projet de 1500 mètres carrés par étage, on estime à une journée l'installation d'un étage. Avec le béton, ça prend une semaine. Donc, imaginez dans les régions plus urbanisées où on veut densifier davantage ou que la construction a des impacts négatifs sur la circulation. Réduire la durée du chantier est tout un avantage compétitif», a répondu M. Labrie.

Secteur d'avenir

Le premier ministre demeure convaincu que la construction de structures en bois est un secteur d'avenir pour l'industrie forestière. Les possibilités d'exportation dans ce domaine, que ça soit l'expertise ou les produits, sont élevées, selon le député de Roberval.

«Lorsqu'on est un pionnier dans le domaine, c'est difficile de faire des projections. Mais pour le marché américain seulement, et de façon conservatrice, on pense à un marché d'un milliard$. C'est certainement une grande quantité d'emplois, d'occasions d'affaires pour les entreprises d'ici. C'est clair que tout le monde attendait ça dans l'industrie. Encore une fois, on est en position de leadership», a exprimé le premier ministre, estimant que cette mesure ouvrira de nouveaux horizons à plusieurs entreprises spécialisées en bois d'ingénierie, dont Chantiers Chibougamau ou Lamco de Saint-Félicien.

Président-directeur général du Conseil de l'industrie forestière du Québec, André Tremblay applaudit cette initiative qui fera des entreprises d'ici des experts dans un domaine appelés à croître.

«C'est un pas additionnel qui va nous permettre de raffermir nos connaissances en ingénierie et d'intéresser les ingénieurs et architectes. Ils ont un choix de plus en fait. Mais il y a un timming aussi qui va nous permettre de regarder l'exportation sur les marchés américains, que ça soit vers Boston, New York, Chicago. On est la première juridiction qui permet la construction en bois dans les bâtiments de grande hauteur. On a donc une longueur d'avance», a indiqué M. Tremblay.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer