Une saison désastreuses en raison de la pluie

La moitié moins de miel

Les apiculteurs de la région récoltent 50% moins... (Photo Andy Duback, archives Associated Press)

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Les apiculteurs de la région récoltent 50% moins de miel.

Photo Andy Duback, archives Associated Press

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Anne-Marie Gravel
Le Quotidien

La pluie ne fait pas uniquement le malheur des vacanciers. Les apiculteurs de la région connaissent un été désastreux. Les conditions météorologiques forcent les abeilles à demeurer à l'intérieur des ruches bien au sec, amputant les apiculteurs de près de la moitié de leur production de miel.

« C'est la pire saison que j'ai jamais connue comme apiculteur », confirme Raphaël Vacher, propriétaire de l'entreprise Les Miels Raphaël du Chemin Saint-François, à Alma.

L'apiculteur, qui oeuvre dans le milieu depuis dix ans, dont les cinq dernières années dans la région, vend son miel en vrac, à d'autres apiculteurs. Il estime qu'il récoltera moins de la moitié du miel produit au cours d'une saison normale.

« Habituellement, je produis environ 80 000 livres de miel. Cette année, je m'attends à environ 30 000 livres », confirme celui qui est aussi enseignant au programme d'exploitation d'une entreprise apicole au Collège d'Alma.

Celui qui installe ses quelque 800 ruches dans les champs de bleuets de Lac-Saint-Jean-Est affirme que plusieurs facteurs ont joué contre les apiculteurs cet été.

« Le mois de juin a été plus frais que le mois de mai, ce qui n'est pas normal. Les ruches étaient dans les champs de bleuets et on a eu droit à une seule belle semaine. Les ruches sont sorties plus légères que quand elles sont rentrées, ce qui veut dire qu'il n'y a eu aucune production de miel et que les abeilles ont mangé la nourriture en réserve qu'il y avait dans la ruche », explique-t-il. « Quand il pleut, les abeilles restent dans les ruches et il pleut presque tout le temps. » M. Vacher dénote aussi un épisode de gel pendant la période de pollinisation. « Déjà qu'il y avait deux fois moins de fleurs en raison d'un gel hivernal, il y a eu un gel dans la période où les fleurs de bleuets sont ouvertes », explique-t-il. « On est à trois semaines de la fin de la saison et on a eu deux semaines de production jusqu'à maintenant. »

Miel des Ruisseaux connaît également une saison difficile.

« J'ai déjà vu pire, mais seulement une fois. Je m'en tire pas mal, mais j'ai entendu des apiculteurs qui disent que ça va être catastrophique », témoigne Patrick R. Fortier, président de l'entreprise.

La saison difficile du bleuet n'affecte pas l'entreprise qui se concentre sur le trèfle, le canola et le trèfle blanc, notamment.

« Ce qui nous affecte le plus cette année, ce sont les pluies abondantes. Quand il pleut, les abeilles restent en dedans et mangent les réserves de miel qu'elles ont récolté. Et quand les abeilles partent tard le matin parce qu'il fait frais, ça fait des journées plus courtes. Cette année, toutes les conditions sont contre nous », estime Patrick R. Fortier qui souligne que la saison tire à sa fin.

« Ça prendrait tout un revirement pour changer la tendance. On commence à rapatrier les ruches vers le 7 ou 8 septembre. Si on excède cette date, on hypothèque la saison suivante. »

Une ruche produit en moyenne plus de 100 livres de miel. « On va souvent chercher plus. Cette année, ce ne sera pas le cas. L'an passé, on a récolté autour de 150 livres par ruche et ce n'était pas une année exceptionnelle. Cette année, si on a 100 livres par ruche, ça va être beau. D'après moi, on va plutôt couper la récolte en deux ou presque », affirme celui qui produit plus de 50 000 à 60 000 livres de miel par année. « Il faut avoir plus de ruches et des réserves pour les moins bonnes années », conclut l'apiculteur qui possède près de 400 ruches.

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