Soutien à la famille Bau-Tremblay

Cinq ans après le meurtre de sa fille: « On n'oublie jamais »

Louise Guimond, dont la fille Cindy a été... ((Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens))

Agrandir

Louise Guimond, dont la fille Cindy a été assassinée en 2010, a voulu offrir ses condoléances à la famille de Cheryl Bau-Tremblay. Mme Guimond croyait que la douleur serait moins vive, 5 ans plus tard, mais en rencontrant la famille de la victime, elle n'a pu retenir ses larmes.

(Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Laura Lévesque
Le Quotidien

(ROBERVAL) «Ils ont volé la vie de nos filles.» Le meurtre de Cheryl Bau-Tremblay ravive de douloureux souvenirs à Louise Guimond, la mère de Cindy Gauthier, cette jeune femme originaire de Saint-Edmond-les-Plaines tuée à coups de hache par son copain en 2010. Au nom de l'Association des Familles de personnes assassinées ou disparues, la dame a tenu à offrir en personne ses condoléances aux parents et proches de la Félicinoise réunis, hier, au complexe funéraire Marc Leclerc. Mais à la vue de la famille, Louise Guimond s'est effondrée en larmes.

«Je pensais être capable de contrôler mes émotions. Mais je n'ai pas eu de mots. J'ai juste pu lui dire que moi aussi, ça m'est arrivé il y a cinq ans et que je savais ce qu'elle vivait. Je ne pensais pas que ça allait être si difficile. Je pensais que la souffrance était moindre. Mais aujourd'hui, je me suis rendu compte que c'était aussi fort. Ça fait 5 ans, mais c'est comme si c'était hier», raconte en pleurs Mme Guimond, qui a bien voulu s'entretenir avec Le Quotidien, après sa sortie du salon funéraire.

En s'y rendant, la dame voulait offrir son soutien à la famille Bau-Tremblay. Car c'est en rencontrant d'autres parents vivant le même drame que Louise et son conjoint ont pu voir une lumière au bout du tunnel.

«Je voulais lui montrer que l'association est là pour nous aider et qu'une vie normale est possible après. Moi, c'est lorsque j'ai rencontré Marie-Paule McInnis (dont le conjoint a tué ses deux enfants) que j'ai vu que c'était possible de recommencer à rire. On n'oublie cependant jamais», laisse tomber la dame, dont le conjoint était toutefois incapable de se présenter au salon funéraire.

Le meurtre de Cheryl Bau-Tremblay, enceinte de cinq mois, rappelle celui de Cindy Gauthier. Les deux jeunes femmes du Lac-Saint-Jean, âgées dans la vingtaine, étaient reconnues pour leur humanité. Cindy Gauthier a été assassinée par son copain, John Ross Weizineau, et Cheryl Bau-Tremblay aurait été tuée par son conjoint Alexandre Gendron (ce dernier, précisons-le, n'a pas encore été reconnu coupable). Les corps de deux femmes ont été cachés, l'un dans les bois à 14 kilomètres de Chibougamau et l'autre dans sa résidence de Beloeil. Les deux hommes accusés souffraient également problèmes de toxicomanie.

«Elles avaient presque le même âge. Ma fille voulait le sauver. Il avait recommencé à consommer», rappelle Mme Guimond.

Cette dernière ainsi que son conjoint et son fils espèrent maintenant que justice soit rendue. Une justice que la dame considère ne pas avoir eue avec une sentence de 16 ans pour un homicide involontaire prononcée en 2013 au palais de justice de Roberval.

«On a encore la rage de ce procès. Je n'en veux à personne, mais je crois qu'on aurait pu en faire plus. Je n'accepte toujours pas qu'il n'ait pas été accusé de meurtre prémédité. Il a eu meurtre involontaire. Mais ma fille a été tuée par 14 coups de hache. Tout ce que je souhaite à la famille de Cheryl c'est que l'auteur reste en dedans longtemps. Et j'espère qu'il aura 25 ans. Parce que nous, notre sentence, elle est à vie», exprime la dame.

C'est aujourd'hui que la famille et les proches de Cheryl Bau-Tremblay lui diront adieu. Les funérailles de la jeune femme se tiennent ce matin, à la chapelle du complexe funéraire Marc Leclerc, de Saint-Félicien.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer