Présence d'orignaux dans la Réserve faunique des Laurentides

Les clôtures ne règlent pas tout

La corvette impliquée dans l'accident mortel dans la... ((Photo Le Quotidien, Michel Tremblay))

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La corvette impliquée dans l'accident mortel dans la Réserve faunique des Laurentides survenu samedi soir dernier.

(Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

L'installation de 111,4 kilomètres de clôtures métalliques en bordure de la route 175, entre 2007 et 2010, pour prévenir les intrusions d'orignaux sur la chaussée, s'avère une mesure efficace, sauf que la croissance des populations et le déplacement des cervidés ont pu créer de nouvelles zones à risque pour les automobilistes dans la Réserve faunique des Laurentides.

Au lendemain de l'accident qui a causé la mort, samedi soir, d'Hélène Leblanc, 53 ans, et Gilles Lessard, 58 ans, de Donnacona, plusieurs automobilistes ont pu être surpris qu'une collision avec un orignal soit survenue.

Dans le passé, une cinquantaine de collisions avec des orignaux ont été répertoriées annuellement sur ce lien routier.

Rappelons que trois secteurs de la 175 - soit aux kilomètres 73 à 110, 127 à 128 et 190 à 214 - considérés à risques élevés ont été aménagés avec des clôtures d'une hauteur de 2,4 mètres. Un quatrième secteur a été clôturé pour canaliser les déplacements des orignaux vers un passage associé à la rivière Jacques-Cartier. Chaque section est conçue pour retourner dans la forêt les animaux longeant la clôture.

En plus, des passages fauniques situés sous la route, des sorties d'urgence et des accès anti-cervidés ont été aménagés.

Dans une étude publiée en 2012 parue dans Le Naturaliste canadien portant sur les impacts des clôtures métalliques sur la sécurité routière sur la 175, les biologistes Mélanie Bouffard, Yves Leblanc, Yves Bédard et Donald Martel, responsables en environnement au ministère des Transports, ont observé qu'entre 2007 et 2012, dans chaque section à l'étude sur la 175, le nombre moyen de collisions impliquant l'orignal a diminué de 98%.

De 14,75 collisions en moyenne par année avant l'installation des clôtures, entre 2006 et 2009, aucune n'a été répertoriée dans le secteur compris entre les km 96 à 110 depuis l'aménagement des clôtures.

Malgré leur efficacité, le nombre d'accidents impliquant un orignal dans la Réserve faunique des Laurentides a été plus élevé en 2010 (47) que la moyenne des vingt dernières années (41).

Les auteurs observent que les accidents ont habituellement lieu à plus de cinq kilomètres des extrémités des clôtures, suggérant qu'elles n'étaient pas liées à un effet de bout.

Les spécialistes du MTQ ont aussi émis l'hypothèse que la présence d'une saline au kilomètre 120 puisse être à l'origine de huit collisions auto-cervidé avant son empierrement, en 2010.

L'explication la plus probable de la hausse du nombre de collisions est sans doute l'augmentation des densités d'orignaux, dont les effectifs ont doublé en 15 ans.

Enfin, les clôtures limitant les déplacements dans les corridors fréquentés par les orignaux pour accéder à la route, il est possible qu'elles engendrent une modification des patrons de déplacement de certains cervidés s'il n'y a pas suffisamment de passages fauniques.

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