Dévasté après la perte de son troupeau

«Je les entends encore crier»

Le feu aurait pris naissance dans le séchoir... ((Photo Le Quotidien Louis Potvin))

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Le feu aurait pris naissance dans le séchoir à foin.

(Photo Le Quotidien Louis Potvin)

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Louis Potvin
Le Quotidien

«J'ai de la misère à le réaliser. Je les entends encore crier de douleurs. Ça me fend le coeur, je ne pouvais rien faire pour les sauver. C'est moi qui leur ai tiré les pattes pour qu'elles naissent et là elles meurent de façon cruelle.»

François Bélanger pleurait une partie de son troupeau hier matin. L'homme de 27 ans était encore secoué par les événements de la nuit. L'impensable est survenue; la ferme de son grand-père Jean-Noël Fournier s'est enflammée, ne laissant aucune chance aux 50 bêtes qui étaient demeurées à l'intérieur.

Une épreuve dont François se serait bien passé. «Je me remets difficilement d'une dépression et là je subis ce coup-là, je n'avais pas besoin de ça», lance-t-il la voix chevrotante. Ça fait six ans que j'ai acheté cette ferme. Je suis de la relève, mon troupeau commençait à être productif et là il faut que je recommence à zéro, c'est décourageant mais je vais surmonter cette épreuve.»

Pour l'épauler dans ce drame, une dizaine d'agriculteurs des alentours sont venus l'aider pour rapatrier les bêtes sauvées qui broutaient dans les champs.

C'est grâce à la témérité de Michaël Lavoie qu'une trentaine de vaches ont été épargnées. «Je dois lui rendre hommage, c'est lui qui m'a réveillé et ensuite il est entré dans la ferme et a décroché les chaines d'une trentaine de vaches. Je ne sais pas comment il a fait. Je tiens à le remercier pour son courage», a-t-il livré, toujours contraint par l'émotion.

Hier, une vingtaine de vaches ont été transportées à la ferme de Jasmin Théberge pour être traites et elles y seront hébergées un certain temps.

L'entraide des producteurs n'a pas tardée. «Il y a du monde qui est venu pendant la nuit et là ce matin (hier), ils m'aident pour le transport et d'autres détails. C'est ça la solidarité entre agriculteurs», a souligné Bélanger. Une preuve d'amitié qui lui faisait un peu mieux accepter ce drame.

Depuis 1995, c'est la 4e ferme qui passe au feu dans le Rang Nord de Normandin, faisait remarquer Réjean Fortin. Il se souvient très bien de l'incendie de la sienne alors que 88 bêtes avaient brulé. «J'ai eu des frissons quand j'ai entendu la nouvelle. On n'oublie pas ça et je comprends ce qu'il vit, c'est pour ça que je suis ici pour l'aider», a-t-il témoigné.

Reconstruire

François Bélanger qui possède un quota de lait de 36 kilos et 500 acres de terres en culture va reconstruire la ferme et se monter un nouveau troupeau. «Je vais prendre mon temps et regarder la nouvelle technologie. Je vais prendre le temps de bien me remettre de cette épreuve avant d'arrêter mon choix sur la reconstruction», a-t-il indiqué.

Ce jeune éleveur veut se tailler une place dans l'agriculture mais la dure réalité du monde agricole le rattrape. Endetté jusqu'au cou, il trouve que le mauvais sort s'acharne sur lui. Il ne se laisse pas abattre pour autant. Il va continuer afin de poursuivre ce que son grand-père a amorcé il y a plusieurs années. «C'est toute ma vie cette ferme mais aussi à mes neveux et l'employé qui travaille ici depuis plusieurs années. J'ai commencé à travailler à 10 ans pour aider mon grand-père. On ne se découragera pas et on va recommencer» a-t-il livré comme message avant de partir avec sa camionnette pour suivre les vaches du troupeau toujours vivantes. Le travail n'arrête jamais pour un agriculteur.

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