Réal Bouchard a vu naître la gestion de l'offre

Un retour en arrière serait catastrophique

Réal Bouchard a connu la période avant l'instauration... ((Photo le Quotidien, Laura Lévesque))

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Réal Bouchard a connu la période avant l'instauration du régime de gestion de l'offre dans les oeufs, le lait et la volaille. Selon cet ancien employé et enseignant du domaine agricole, ce système est le plus juste et équitable au monde.

(Photo le Quotidien, Laura Lévesque)

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Laura Lévesque
Le Quotidien

Réal Bouchard de Saint-Bruno était aux premières loges de l'instauration du système de gestion de l'offre au Québec, à la fin des années 60. Et un retour en arrière serait catastrophique, selon cet ancien employé de l'Union catholique des cultivateurs (UCC), ancêtre de l'UPA.

«Je suis allé l'autre jour à Petit-Saguenay et j'ai eu de l'émotion. Il y a encore des producteurs laitiers à cet endroit. S'il n'y avait pas eu la gestion de l'offre, il n'y aurait plus de production laitière à Petit-Saguenay. Le "pool" du transport a fait la différence. Les producteurs de Petit-Saguenay payent le même prix pour le transport que l'agriculteur de Saint-Bruno qui se trouve à côté d'une usine. Et c'est la même chose pour les producteurs à Saint-Edmond-les-Plaines et à Saint-Eugène-d'Argentenay. Pour moi, c'est donc quelque chose de voir des fermes à cet endroit», exprime M. Bouchard, qui a également enseigné l'agriculture dans les années 70 et 80.

À la fin de ses études en agriculture en 1966, Réal Bouchard s'établit à Saint-Bruno pour travailler à l'UCC. Avant l'entrée en vigueur du système de gestion de l'offre, il sillonne la région pour faire l'inventaire des producteurs d'oeufs. Un inventaire qui allait déterminer l'émission de quotas.

Pour la production laitière, un répertoire de production existait déjà, car ces agriculteurs bénéficiaient déjà d'un programme de subvention. C'est d'ailleurs l'arrivée du système de gestion de l'offre qui a permis aux producteurs de vivre sans l'aide du gouvernement.

«Plusieurs agriculteurs étaient découragés. Ils ne pensaient pas survivre. Ils ne gagnaient d'ailleurs presque rien à cette époque, peut-être 5000$ par année. Ils participaient aux travaux d'hiver pour gagner un peu plus d'argent. Le système a donc aidé les producteurs à obtenir un revenu stable, ce qui leur a permis d'investir plus dans l'entreprise, dans l'efficacité, car il n'y avait plus cette instabilité», rappelle M. Bouchard.

C'est par un référendum postal que les agriculteurs ont pu se prononcer sur l'arrivée d'un tel système.

«Il y avait à ce moment de la contestation. Par exemple, ceux qui étaient proches des acheteurs ne voulaient pas que ça change. Ils voulaient payer le plus bas prix, évidemment. On passait dans les fermes à ce moment pour dire aux agriculteurs de voter et de ne pas laisser le bulletin de vote dans la boîte aux lettres. La démocratie a parlé et le vote a été majoritairement en faveur du système», raconte M. Bouchard.

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