Légumes à donner

Les frigos se vident rapidement

Isabelle Gauthier voulait trouver un moyen pour diminuer... ((Photo Le Quotidien, Michel Tremblay))

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Isabelle Gauthier voulait trouver un moyen pour diminuer le gaspillage de fruits et de légumes dans les champs.

(Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Patricia Rainville
Le Quotidien

Aussitôt remplis, aussitôt vidés. Les trois réfrigérateurs de «Légumes à donner», installés à Chicoutimi il y a près d'un mois, connaissent un succès monstre. Si bien que la responsable Isabelle Gauthier et ses partenaires n'arrivent pas à fournir.

Les trois frigos, installés dans des endroits névralgiques, offrent aux gens souffrant d'insécurité alimentaire des surplus de pains, de fruits et de légumes, tout à fait gratuitement.

«De plus en plus de personnes vivent de l'insécurité alimentaire et ce ne sont pas nécessairement des gens qui ne travaillent pas. On parle de parents au salaire minimum, qui ont de la difficulté à arriver avec les enfants. Il y a un besoin de plus en plus criant», estime Isabelle Gauthier, responsable du projet «L'agriculture urbaine dans votre quartier».

Deux fois par jour

Actuellement, les réfrigérateurs se vident en deux ou trois heures à peine. «Je les remplis deux fois par jour et je passe régulièrement pour nettoyer. Jeudi, je suis allée à 16h30 et à 18h, il n'y avait déjà plus rien. Je les ai donc remplis à nouveau et le lendemain, c'était vide. Les gens apprécient beaucoup le projet et n'hésitent pas à s'approvisionner. Ce qui est bien, c'est qu'il n'y a pas de contrôle ni de surveillance. Les gens ne se sentent pas jugés», note Isabelle Gauthier.

L'idée des réfrigérateurs collectifs est née du désir de réduire le gaspillage de nourriture. «Je voyais les surplus de légumes des fermes à la poubelle et ça me faisait mal au coeur. Je cherchais un moyen de redonner cette nourriture à la population et c'est là que j'ai entendu parler de ce concept, qui fonctionnait bien en Allemagne», raconte Isabelle Gauthier.

Aucun incident

Évidemment, certaines personnes étaient sceptiques devant le projet. «On nous disait qu'il y aurait du vandalisme, que les gens lanceraient des légumes et des fruits dans la rue. En près d'un mois, il n'y a eu aucun incident déplorable. Nous faisons confiance aux gens et pour le moment, tout se passe très bien», affirme Mme Gauthier.

Une autre question lui est régulièrement posée. «On me demande souvent comment je fais pour savoir si les personnes qui viennent chercher des légumes et des fruits en ont réellement besoin. Je l'ignore, mais nous voulons éviter le gaspillage, alors on ne veut pas commencer à contrôler si la personne est réellement dans le besoin. De plus, on ne connaît pas la vie des gens. Une personne peut bien avoir une grosse voiture, mais avoir de la difficulté à acheter des fruits et légumes pour ses enfants», note la jeune femme.

Seulement cette semaine, Isabelle Gauthier a fourni, entre autres, quatre grosses caisses de tomates, une cinquantaine de pains, une trentaine de brocolis et de choux-fleur, des choux raves, des asperges, des dizaines de pommes, des courges, des oignons et des paniers de fraises.

«Ce qui est bien, c'est aussi la diversité offerte aux gens, ce qui permet plus d'options dans l'alimentation. Il y a aussi beaucoup de pression pour les parents, qui doivent concocter des collations santé pour l'école. Et il faut savoir que le prix des fruits et des légumes a augmenté de 2,5% depuis l'an dernier», ajoute Isabelle Gauthier.

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