Les producteurs d'ail biologique s'allient

Détrôner la Chine

La copropriétaire de la Ferme Tournevent, Audrey Bouchard,... ((Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens))

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La copropriétaire de la Ferme Tournevent, Audrey Bouchard, présente une tête d'ail fraîchement cueillie. Ses congénères pousseront encore un mois dans le champ

(Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

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Dominique Gobeil
Le Quotidien

La Ferme Tournevent d'Hébertville, aidée par les autres producteurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean, espère bientôt occuper totalement le marché régional de l'ail biologique, un légume qui suscite de plus en plus d'engouement dans la province et qui est surtout importé de la Chine et de l'Europe en ce moment.

La copropriétaire de l'entreprise familiale, Audrey Bouchard, vise grand pour cette production commencée il y a trois ans et qui a triplé cette année, avec 35 000 plants.

En 2016, leur nombre devrait grossir autant et un système de mécanisation des récoltes sera installé, en plus de celui d'irrigation déjà présent.

« On voulait une culture maraîchère différente, qu'on peut développer de façon quasi industrielle. L'ail est parfait, tout le monde en consomme régulièrement », soutient-elle.

L'un des actionnaires de l'association Légunord, Denis Legault, est le responsable de la production d'ail biologique chez son fils, la Ferme Philippe Legault. Il constate une importante demande chez les consommateurs québécois: « Le nôtre est beaucoup plus savoureux et se conserve plus longtemps. »

« C'est un aliment local sans produit chimique. Il coûte plus cher que ce qui vient de l'étranger, mais il en faut beaucoup moins dans les plats », renchérit Mme Bouchard, persuadée de l'importance de l'autonomie alimentaire.

« Il faut miser là-dessus, poursuit-elle. La nourriture est la base de nos besoins et c'est un non-sens d'en faire venir d'ailleurs quand on est capable d'en faire chez nous. »

La bachelière en Sciences et technologies des aliments souhaite fournir ses clients à longueur d'année d'ici quelque temps. Elle a ciblé les plus importants et devrait pouvoir les approvisionner jusqu'en février, alors que le légume réputé pour donner mauvaise haleine est disponible vers septembre et récolté en août.

« Le principal défi reste d'offrir le produit durant une plus grande période de temps pour remplacer celui de l'extérieur sur les tablettes d'épicerie », souligne le copropriétaire des Jardins de Saint-Félicien, Jean-François Robert, qui cultive l'ail depuis au moins une douzaine d'années.

S'il remarque un enthousiasme certain pour le légume québécois, il y apporte quelques nuances.

« Ceux qui peuvent faire la différence entre l'ail chinois et l'ail d'ici, ils sont souvent capables de le faire pousser eux-mêmes. Il y a de plus en plus de joueurs et il nous reste beaucoup de travail à faire, de connaissances à acquérir. »

Audrey Bouchard accorde qu'il s'agit d'une culture relativement jeune dans la province et peu connue. L'Association des producteurs d'ail du Québec a été fondée officiellement en 2014 seulement.

Il est difficile de trouver des semences de bonne qualité, exemptes de maladies, et ce ne sont pas toutes les variétés qui s'adaptent au climat.

« C'est une belle production, et on verra bien où l'intérêt des consommateurs nous mènera », conclut M. Robert.

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