Passation des pouvoirs à Bagotville

Cérémonie fertile en émotions

Les colonels Molstad et Ménard entourent le brigadier-général... ((Photo Le Quotidien, Marianne L. St-Gelais))

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Les colonels Molstad et Ménard entourent le brigadier-général Wheeler.

(Photo Le Quotidien, Marianne L. St-Gelais)

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Normand Boivin
Le Quotidien

Il y avait quelque chose de très familial qui flottait dans l'air de l'aéroport de Bagotville, hier. De familial et d'émouvant. Car deux hommes dont les racines de pilote plongent profondément dans le sol saguenéen se sont passé le commandement de l'aéroport militaire et de la 3e Escadre.

Le colonel Sylvain Ménard, la voix parfois étranglée par l'émotion, a passé le relais au colonel Darcy Molstad qui, comme son prédécesseur, a commencé sa carrière à Bagotville et a aussi commandant de l'Escadron 425 Alouette.

Les cérémonies militaires sont longues et très protocolaires. Mais la complicité qu'on sentait malgré tout le décorum était belle à voir. C'est avec regrets que le colonel Ménard abandonne «le terrain» pour occuper des fonctions supérieures à l'État major d'Ottawa, mais il était visiblement content de passer le flambeau à Molstad. «Il y a trois ans, je lui ai passé ici même le drapeau du commandant du 425. Je suis content qu'il continue de suivre mes traces. Darcy, tu prends le commandement d'une base et d'une 3e Escadre en forme.»

Malgré tout, Sylvain Ménard a été incapable de garder son sang-froid quand est venu le temps de dire adieu à Bagotville (en tant que commandant du moins) à l'issue de la dernière parade qu'il a dirigée avant de remettre le drapeau officiel au colonel Molstad.

«Je veux dire merci à la seule base militaire francophone en Amérique du Nord. Commander l'Escadron 425 (de 2010 à 2012) fut l'apogée de ma carrière de pilote. Mais prendre la direction de la 3e Escadre et de la Base de Bagotville fut le summum de ma carrière d'officier. Cette base est ce que l'Aviation royale canadienne a de meilleur à offrir», a dit le commandant sortant d'entrée de jeu, avant d'y aller d'une liste de remerciements à l'endroit de tout le personnel, tant civil que militaire, qui l'a supporté pendant ces années.

Puis Sylvain Ménard a entamé la partie plus difficile du discours, l'au revoir, deux mots qu'il n'a pu prononcer qu'au bout d'un long moment d'émotion. «J'ai vécu ici une histoire d'amour qui comporte plusieurs chapitres», a-t-il dit la voix tremblante. «C'est ici que j'ai décidé, à l'été de 1986 quand j'étais venu dans un camp de cadets de l'air, de devenir pilote de chasse. C'est ici que j'ai eu ma première affectation de pilote en 1996 (sur le CT-33 Silverstar). Ici que j'ai commencé comme pilote de CF-18 en 1999. Ici que j'ai eu mon premier commandement (le 425). Ici que j'ai connu l'amour de ma vie (la Baieriveraine Marie-Ève Tremblay) et que mes enfants sont nés.» Enfin, a souligné Sylvain Ménard, c'est de Bagotville qu'il est parti faire sa première mission de combat en 2011, en Libye.

Devoir accompli

Sylvain Ménard quitte avec le sentiment du devoir accompli, et il n'a oublié personne pour partager le succès rencontré pendant son mandat de trois ans.

Le commandant sortant a souligné le support de la Ville et de Promotion Saguenay qui supportent le Musée de la Défense aérienne, le seul du Québec, ainsi que le Spectacle aérien international qui a fait de l'événement tenu les 20 et 21 juin le plus gros au Canada.

Puis, se ressaisissant une dernière fois, le colonel Ménard s'est permis de lancer une ultime fois la devise de Bagotville: «Défendez le Saguenay» et celle de la 3e Escadre «Agmen primum libertatis», «À l'avant-garde de la liberté».

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