Négociation transpacifique

Un agriculteur biologique inquiet

Annie Turgeon et Jean-François Tremblay croient que le... ((Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque))

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Annie Turgeon et Jean-François Tremblay croient que le système actuel devrait être valorisé, puisqu'il est équitable. Sur la photo, on peut les voir en compagnie de la plus jeune de leurs trois filles, Ève.

(Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Frédéric Marcoux
Le Quotidien

Le propriétaire de la ferme laitière Monts et Marées à Chicoutimi, Jean-François Tremblay, est inquiet des négociations transpacifiques (PTP). Selon lui, le système de gestion de l'offre (quotas) devrait non seulement être protégé, mais pris en exemple par d'autres pays.

Jean-François Tremblay, un producteur laitier biologique depuis 2007, estime que la perte du système de gestion de l'offre serait néfaste pour les nouveaux agriculteurs en fonction depuis peu, comme lui.

« C'est certain qu'on est inquiet. D'autant plus que je suis producteur depuis peu. Quand on est arrivé, on était conscient des règles du jeu et on a tout acheté le quota. On est endetté à 100 % avec ça. On a payé nos 18 kg de lait à un minimum de 25 000 $ chacun. Au début, nous étions dans la pire période et nous avons payé jusqu'à 30 000$ le kilo. On a une grosse dette, mais ça nous permet de tirer notre épingle du jeu, car ça nous garantit un revenu. Le camion de lait va passer, peu importe ce qui arrive. Les frais sont mis en commun », souligne-t-il.

Selon Jean-François Tremblay, le système actuel devrait être défendu par tous, en plus de servir d'exemple à d'autres pays.

« C'est un système équitable pour tous, et ça, très peu de gens le savent. Ils pensent que ce sont les agriculteurs qui s'en mettent plein les poches, mais ce n'est pas vrai. C'est géré et c'est une aberration de penser qu'un système économique va s'autogérer; la récente crise économique aux États-Unis est là pour le prouver. Notre système est basé un peu comme le café équitable, il assure un revenu décent et un prix juste. »

L'ancien biologiste estime que les critiques du public contre la gestion de l'offre sont difficiles à expliquer. Il croit que la population devrait se rallier pour préserver ce créneau qui caractérise le marché canadien.

« En ne le défendant pas, c'est presque comme si on ne s'aimait pas. Ce n'est pas parce que cela se fait ici que ce n'est pas au goût du jour. Est-ce qu'il va devoir se déguiser en Guatémaltèque pour être écouté », de renchérir sa conjointe Annie Turgeon.

« Un pas en arrière »

« Avec la libération des marchés, le prix de vente et le montant versé aux agriculteurs vont diminuer. On va avoir encore la dette, mais plus de revenus garantis. Si on reçoit du lait d'ailleurs, la demande va chuter. On va revenir dans les années 60 et se faire dire de jeter notre lait certaines journées, car ils n'en ont pas besoin. Cela arrive aux États-Unis, ça serait un pas en arrière important », soutient l'agriculteur âgé de 43 ans.

L'ancien biologiste n'a pas l'intention de s'arrêter, peu importe la tournure des événements. En raison de ses dettes, faire encan ferait en sorte de le ramener au point de départ. Il déplore l'étanchéité des négociations. Peu d'information est disponible pour le moment. Selon ce qu'il a appris, une rencontre entre les pays impliqués aura lieu à la fin juillet sur une île à Hawaï.

« C'est quelque chose de vraiment important qui va influencer plein d'autres industries connexes à l'agriculture. Je trouve ça plate que ça se passe en catimini », déplore Jean-François Tremblay.

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