Hausse des ITSS dans la région

Pratiques à risques

Les infections transmises sexuellement et par le sang... ((Archives Le Quotidien))

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Les infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS) atteignent les taux les plus élevés documentés depuis que le Québec dispose de bases de données épidémiologiques.

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Le Quotidien

Les infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS) atteignent les taux les plus élevés documentés depuis que le Québec dispose de bases de données épidémiologiques.

Le taux des infections à la chlamydia, par exemple, a plus que doublé entre 1997 et 2013 au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

«Beaucoup de monde pense que si tu n'as pas de symptômes, tu es correct, explique l'infirmière et sexologue Myriam Bouchard. Toutes les maladies ne se voient pas à l'oeil nu! Comme certaines ITSS se traitent assez facilement, les gens se disent: ''au pire je l'ai, mais je me ferai traiter.'' Les gens ne réalisent pas que ça peut avoir un impact sur la fertilité, entre autres choses. L'herpès, par exemple, c'est toute la vie que tu as ça!»

Dans le Rapport du directeur de la santé publique 2015 intitulé Arrêtons la progression des ITSS au Saguenay-Lac-Saint-Jean, on apprend en outre que les personnes ayant entre 15 et 24 ans représentent 70% de tous les cas de chlamydia et 47% de tous les cas de gonorrhée de la période allant de 2009 à 2013.

Selon l'enquête québécoise sur la santé de la population 2008, 79% des personnes ayant été sexuellement actives au moins une fois durant les douze mois précédant le moment où ils ont répondu à l'enquête n'ont jamais utilisé le condom dans leurs relations sexuelles.

Dans la région, seulement 61% des jeunes du secondaire étant âgés de 14 ans et plus ont utilisé le condom lors de la dernière relation sexuelle vaginale consensuelle qu'ils ont eue. Cela représente 2400 jeunes.

«Depuis cinq ans, on en voit plus (des cas de ITSS). Honnêtement, plusieurs jeunes s'en foutent, soutient Myriam Bouchard. Ils ne font pas de tests. Je travaille dans le privé, donc il y a des frais quand ils viennent nous voir. C'est possiblement en partie pour cela que l'on reçoit plus des 30-40 ans, mais les statistiques démontrent clairement que les plus jeunes sont moins soucieux de ça.»

Le Rapport parle d'ailleurs d'une «banalisation du risque inhérent au fait de ne pas se protéger lors de comportements sexuels considérés à risque».

Les pharmaciens sont ceux qui font la déclaration à la RAMQ des maladies à déclaration obligatoire (chlamydia, gonorrhée et syphilis). Le tout se fait automatiquement par un système lorsqu'il y a une ordonnance en lien avec ces maladies.

«Lorsque l'on traite la chlamydia, on traite aussi la gonorrhée et vice-versa puisque souvent l'un est masqué par l'autre. Les gens demeurent mal informés. Une chlamydia, ça ne s'attrape pas sur un siège de toilette. Souvent, comme la personne n'a pas de symptôme, elle pense qu'elle est correcte, mais ce n'est pas le cas», souligne le pharmacien Maxime de Chantal, qui travaille au Jean Coutu sur la rue Saint-Dominique à Jonquière.

Éducation

L'infirmière et sexologue Myriam Bouchard, qui écrit d'ailleurs une chronique hebdomadaire dans Le Progrès-Dimanche, croit que la solution passe par l'éducation.

«Beaucoup de gens croient aussi que ça se pogne seulement lorsqu'il y a pénétration vaginale. J'ai déjà vu une personne avec la chlamydia dans le fond de la gorge. Et quand deux personnes l'ont, possiblement que huit ou dix l'auront. (...) Tout ça a un lien avec l'éducation sexuelle. Je me suis fait demander par une fille de 15 ans si elle risquait de tomber enceinte si elle faisait une pipe (fellation) à son chum. Quand tu demandes cela, tu ne comprends vraiment rien à la biologie! À mon avis, il faut donner plus de cours de biologie et d'éducation sexuelle. Et ça commence jeune. Il ne faut pas commencer ça en deuxième secondaire. Les adolescents ne feront que rire et seront distraits. Il faut commencer plus jeune, expliquer de quelle manière le corps fonctionne.»

La Rapport va aussi dans le sens de l'éducation, le Dr Aubin mentionnant vouloir «renforcer les capacités d'autodétermination et de gestion des risques par les jeunes».

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