Yvan Blondin

L'ex-commandant à coeur ouvert

Le colonel Yvan Blondin en 2006 alors qu'il... (- Courtoisie)

Agrandir

Le colonel Yvan Blondin en 2006 alors qu'il était commandant de la 3e Escadre de Bagotville. Derrière, un CF-18, de l'Escadron 425.

- Courtoisie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Mélyssa Gagnon
Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Le commandant de l'Aviation royale canadienne tire sa révérence. Après 35 ans de carrière et un cheminement hors du commun, le lieutenant-général Yvan Blondin, qui a passé le quart de sa carrière à Bagotville, a officiellement quitté les rangs jeudi.

Ardent défenseur de la cause des francophones et des familles de militaires, l'ancien commandant de la 3e Escadre part avec le sentiment du devoir accompli et la conviction d'avoir contribué, à sa façon, à la modernisation des Forces et à l'avancement des mentalités.

La feuille de route d'Yvan Blondin est ponctuée de beaucoup de hauts, mais aussi d'une série de bas. Lors d'une entrevue accordée au Progrès-Dimanche, l'ex-chef d'état-major de la Force aérienne s'est ouvert sur plusieurs aspects de sa vie professionnelle et personnelle. Celui qui a grandi dans la région de l'Outaouais n'était pas du tout destiné à une carrière militaire.

«Je n'avais aucun intérêt pour ça. J'ai voté pour le PQ en 1976 et j'étais président de mon association étudiante. J'étais bien loin de ça à cette époque-là», met-il en contexte.

C'est à l'âge de 20 ans qu'Yvan Blondin s'est enrôlé, par hasard, après s'être soumis à une entrevue infructueuse pour un emploi chez une compagnie d'assurances. Il en est sorti déconfit.

«Je me suis accoté sur ma voiture et j'ai vu un bureau de recrutement de l'autre côté de la rue. Je suis entré et j'ai discuté avec la personne derrière le comptoir. J'ai vu une photo d'un gars en combinaison de vol devant un avion et je me suis dit: ''je pourrais faire ça''», se remémore le lieutenant-général de 54 ans.

Les Forces canadiennes ont fait de lui un pilote et lui ont permis de s'instruire. Celui qui ne détenait qu'un diplôme d'études secondaires a décroché un baccalauréat de l'Université du Manitoba et, plus tard, un M.B.A de l'Université de Phoenix, en Arizona.

Tenace

Si Yvan Blondin a embrassé sa carrière militaire en se laissant porter par la force des émotions ressenties derrière les commandes d'un avion de chasse, le pilote s'est retrouvé au coeur d'un univers diamétralement opposé au sien. Est-ce le fait qu'il est aujourd'hui sur le départ ou est-ce simplement dû à un refus catégorique de Blondin de faire usage de la langue de bois? Toujours est-il que le lieutenant-colonel ne passe pas par quatre chemins pour dire à quel point il a trouvé le monde militaire «conservateur, rigide et traditionnel» lorsqu'il y a fait ses premières armes. Reconnu pour sa ténacité, «Bad», de son surnom de pilote, s'est dit qu'il pourrait contribuer à ouvrir certains esprits.

«Il y a 35 ans, le côté francophone n'était pas très fort dans les Forces. Il y a eu une bataille, un choc des cultures, et on m'a donné la place pour que je la mène. J'ai eu la chance qu'on me laisse la faire avec les autres Québécois», dit le lieutenant-général.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer