Gros buveurs

La région perd son championnat

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean a perdu son titre de champion... ((Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie))

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Le Saguenay-Lac-Saint-Jean a perdu son titre de champion québécois de la consommation abusive d'alcool.

(Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Le Saguenay-Lac-Saint-Jean a perdu son titre de champion québécois de la consommation abusive d'alcool. La région se classe désormais au septième rang en ce qui concerne la consommation excessive (cinq verres ou plus) avec 46% des gens qui ont atteint ce stade au moins une fois dans la dernière année.

Éduc'alcool a mandaté la firme de sondage CROP afin de mesurer les habitudes des Québécois quant à leur consommation d'alcool à travers les différentes régions du Québec. Un total de 2401 entrevues a été effectué du 14 octobre au 1er novembre dernier.

La grande majorité des Saguenéens et Jeannois consomment donc d'une façon modérée, alors qu'un peu plus du quart des répondants (26%) ont pris cinq verres ou plus, trois fois ou plus, dans l'année. Cependant, 87% des habitants de la région ont consommé de l'alcool au cours des 12 derniers mois, soit 5% de plus que la moyenne québécoise.

La population de la région est aussi plus casanière que la moyenne des Québécois, consommant majoritairement à la maison (83% contre 81% - moyenne québécoise), plutôt que dans les restaurants (42% contre 62%) et dans les bars (16% contre 27%). Les Saguenéens et les Jeannois consomment aussi moins souvent que le reste du Québec (1,1 fois par semaine, comparativement à 1,5 au Québec), et quand ils boivent, ils ne prennent que 2,8 verres contre 3,3 verres. De plus, ils ne croient pas que la consommation nuit à leur santé (3% contre 4% pour le Québec), ni à leurs relations amicales (1% contre 2%).

Selon le directeur général d'Éduc'alcool, Hubert Sacy, le niveau de sensibilisation s'est accru au cours des dernières années, ce qui pourrait expliquer la performance du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

M. Sacy croit aussi que le style et le mode de vie des gens de la région viennent expliquer cette nouvelle tendance.

«À la maison, nous contrôlons notre consommation nous-mêmes, tandis qu'au restaurant, le garçon remplit notre verre et parfois, on ne s'en aperçoit pas, a-t-il expliqué, hier, en entrevue.

«Il faut aussi dire que depuis deux ans, les gens ont moins d'argent dans leurs poches, ce qui entraîne nécessairement une baisse des ventes d'alcool», explique M. Sacy, ajoutant qu'il s'agit de suppositions fondées sur des faits et non des certitudes absolues.

«La tendance est à la baisse partout au Québec. Tout le monde s'améliore, mais le Saguenay-Lac-Saint-Jean plus que les autres. Il y a une donnée fondamentale qu'il ne faut pas oublier. Au Québec, nous avons perdu 1% d'alcoolisme, passant de 3,3% à 2,3% d'alcooliques à travers la province. Et un alcoolique n'est pas quelqu'un qui boit trop, mais quelqu'un dont la vie est dépendante de l'alcool», ajoute-t-il.

Conduite automobile

La sensibilisation face à la conduite avec les facultés affaiblies porte également ses fruits puisque le bilan routier ne cesse de s'améliorer. Les gens ont la perception qu'ils vont se faire arrêter s'ils conduisent en état d'ébriété.

Dans la région, 58% des conducteurs n'ont jamais conduit après avoir consommé de l'alcool, comparativement à 49% au Québec, et 5% affirment avoir dépassé la limite légale au volant. La moyenne québécoise est de 6%.

L'intransigeance est également plus élevée dans la région face à la conduite avec les facultés affaiblies, puisque 29% des répondants considèrent qu'il s'agit d'un acte criminel de conduire après avoir pris un seul verre d'alcool.

De plus, 28% des Québécois croient que la limite de 0,08 n'est pas assez sévère et, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, la population est plus stricte puisque 36% des répondants espèrent un abaissement du taux permis d'alcool. C'est pourtant dans la région que les gens ont croisé le moins de barrages routiers (17%) comparativement à la moyenne québécoise de 25%. Il y a même 77% de la population régionale qui n'a pas vu de barrage au cours des 12 derniers mois.

«Pour améliorer encore plus le bilan, il faudrait augmenter la perception que nous pouvons nous faire prendre si nous conduisons avec les facultés affaiblies, explique M. Sacy. Très peu de conducteurs ont vu un barrage, mais ils pensent plus qu'ailleurs qu'ils peuvent se faire prendre. Peut-être que les arrestations sont plus diffusées», conclut-il.

Finalement, 100% des gens de la région connaissent le slogan d'Éduc'alcool, soit que «La modération a bien meilleur goût».

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