LIARA

L'appartement qui veille sur vous

Julie Bouchard, professeure en neuropsychologie et science cognitive... ((Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie))

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Julie Bouchard, professeure en neuropsychologie et science cognitive du département des sciences appliquées, Sébastien Gaboury, enseignant en mathématiques et spécialiste en intelligence artificielle appliquée, et Bruno Bouchard, directeur du LIARA et de la Chaire CRIAAC, présentent l'un des écrans qui montrent la position des objets dans l'appartement et envoient des signaux visuels et sonores.

(Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Du réveil au coucher, la vie en appartement comporte son lot de tâches quotidiennes. Si elles peuvent sembler anodines pour la grande majorité des gens, elles sont complexes pour d'autres. Personnes atteintes de l'Alzheimer, traumatisés crâniens et proches aidants ont besoin de support dans leur vie de tous les jours. Le Quotidien a eu la chance de tester l'appartement adapté du Laboratoire d'intelligence ambiante pour la reconnaissance d'activités (LIARA) de la Chaire de recherche sur l'intelligence ambiante et les technologies d'assistance cognitive (CRIAAC) de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).
À mon arrivée dans les locaux du LIARA, situés au troisième étage de l'UQAC, Bruno Bouchard, directeur du LIARA et de la Chaire CRIAAC, Sébastien Gaboury, enseignant en mathématiques et spécialiste en intelligence artificielle appliquée, et Julie Bouchard, professeure en neuropsychologie et science cognitive du département des sciences appliquées, m'expliquent tout d'abord le fonctionnement de l'appartement qui a été développé selon des technologies d'assistance à domicile pour des personnes en perte d'autonomie.

Plusieurs capteurs se retrouvent dans la majorité des objets de l'appartement. Ce qui distingue le LIARA d'autres systèmes du genre, c'est qu'il n'y a aucune caméra ni micro. Selon Bruno Bouchard, c'est ce que les gens en perte d'autonomie souhaitent. Les capteurs permettent de connaître la position d'un objet en temps réel, de savoir si les objets sont en fonction ou non. Par exemple, si une personne se fait un café, l'ordinateur, le « cerveau », est capable d'évaluer si elle prend une tasse, une cuillère, la bouilloire, le café, le lait, le sucre, etc. Si elle saute une étape, l'ordinateur lui envoie un signal lumineux, sonore ou sur l'un des écrans installés dans l'appartement.

Le système peut également fermer la cuisinière en cas d'oubli ou de déversement, couper l'alimentation en électricité et juger si l'eau du bain est trop chaude, par exemple. Les capteurs de la cuisinière, qui a d'ailleurs été brevetée, peuvent aussi calculer le poids de la nourriture et ainsi gérer le temps de cuisson selon l'aliment. Pour les proches aidants, ce procédé permet d'envoyer des signaux si la personne quitte sa chambre, chute, etc. Tandis que pour les professionnels de la santé, le système permet de connaître les habitudes de la personne en perte d'autonomie, de faire des évaluations, et de savoir si elle a pris ses médicaments, etc.

Expérimentation

Pendant l'expérimentation, j'ai donc dû me réveiller, couchée dans le lit, et me diriger vers la salle de bain, où j'ai eu à me faire couler un bain. Par la suite, je me suis fait cuire des pâtes dans la cuisine.

À mon réveil, comme j'ai mis du temps à me lever et à bouger dans mon lit, un signal lumineux m'a guidée jusqu'à la salle de bain, où se trouvent plusieurs capteurs, notamment sur la robinetterie, et un tapis tactile, face à l'évier. Lorsqu'est venu le temps de me faire couler un bain, un signal sonore m'a indiqué que l'eau était trop chaude.Une fois rendue à la cuisine, où j'ai une fois de plus été guidée par des signaux lumineux au plafond, j'ai cherché la casserole et les pâtes dans les armoires. Comme je mettais du temps à trouver les spaghettis, une lumière clignotante m'a montré dans quel coin chercher. J'ai ensuite pu mettre la casserole sur la cuisinière qui, en cas de problème, m'aurait envoyé un signal ou aurait cessé de fonctionner. Évidemment, pendant l'expérimentation, nous n'avons pas testé ces problèmes! Comme il s'agit d'un laboratoire, certaines fonctions ont été effectuées manuellement par l'étudiant Valère Plantevin, qui m'a assistée pendant les tests.

Application

« Nous avons des visées de l'appliquer très rapidement, à très court terme, dans des milieux réels, soit d'ici cinq ans », a avancé Bruno Bouchard. Bien sûr, un appartement n'aura pas à être entièrement équipé, avec tous les systèmes développés. Selon les besoins, les gens pourront choisir un élément précis qu'ils souhaitent intégrer dans leur quotidien, tous les systèmes étant indépendants. « Nous développons plusieurs technologies individuelles qui peuvent par la suite être jumelées », ajoute M. Gaboury. Mais une chose est certaine, l'utilisation d'un ou plusieurs systèmes permet de prolonger le maintien à domicile des personnes en perte d'autonomie. « Les capteurs permettent de détecter les erreurs et les comportements anormaux. Ça aide à corriger les gestes et limiter la dégénérescence », ajoute M. Bouchard.

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