Aide Sociale

14 290 prestataires dans la région

Selon Sylvain Bergeron, coordonnateur à LASTUSE, les modifications... ((Archives Le Quotidien))

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Selon Sylvain Bergeron, coordonnateur à LASTUSE, les modifications apportées au programme d'aide sociale ont pour effet d'exclure de plus en plus de personnes dans le besoin.

(Archives Le Quotidien)

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean compte actuellement 14 290 personnes dépendantes de l'aide sociale, dont 2175 enfants, ce qui se traduit par un taux d'assistance de 6,4% chez les 0-64 ans.

Selon les plus récentes données compilées par la direction de la statistique du ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale pour le mois d'avril, des chèques totalisant 8,4 M$ ont été émis à 11 281 ménages dans la région sur un total de 323,6 M$ dans la province.

Le tableau de l'évolution du nombre moyen des ménages nécessitant de l'aide de dernier recours depuis 1989 démontre que la région a atteint une stabilité depuis 2010 avec des variantes s'établissant au plus haut à 11 766, atteint en 2010, et 11 000 ménages en 2013. Le sommet en terme de ménages moyens bénéficiant de l'aide sociale a été atteint en 1994 avec 19 703 ménages. Depuis, on observe un déclin constant du nombre moyen de ménages année après année.

Si certains peuvent voir dans ce déclin de la distribution de l'aide sociale un signe d'amélioration de la situation économique, ce n'est pas le cas pour Sylvain Bergeron, coordonnateur au Lieu d'action et de services travaillant dans l'unité avec les sans-emplois (LASTUSE). Selon lui, les modifications apportées au programme d'aide sociale ont pour effet d'exclure de plus en plus de personnes dans le besoin. «Depuis les diverses réformes, le gouvernement crée de plus en plus de programmes spécifiques, selon la bonne volonté du ministre. C'est le cas pour les programmes pour les licenciements collectifs pour les régions ressources. Il y a de plus en plus de jeunes sortis de l'aide sociale. Il y a deux ans, Québec a aboli le programme Alternative Jeunesse. On l'a découvert en décembre dernier.»

Les chiffres publiés pour avril 2015 démontrent que le nombre de prestataires de ce programme destiné aux moins de 25 ans afin d'assurer leur subsistance et les encourager à réaliser des activités leur permettant de recouvrer leur autonomie a fondu comme neige au soleil. Dans la région, en avril 2014, un total de 4651 prestataires ont bénéficié de cette mesure, comparativement à 1110 en avril 2015, une réduction de 76% en un an.

M. Bergeron ajoute que le ministère a également entrepris des poursuites contre les prestataires qui bénéficiaient de revenus provenant d'un ex-conjoint ou conjointe en raison de leur séparation ou divorce et qui étaient destinés à leurs enfants. M. Bergeron affirme que parmi les prestataires qu'il reçoit, certaines femmes chefs de famille, vivant exclusivement de l'aide alimentaire, préfèrent se priver de repas pour permettre à leurs enfants de mieux se nourrir. «On n'a jamais caché que ces coupes du gouvernement obligent les gens à faire du travail au noir.»

Commentant la baisse du nombre de ménages sur l'aide sociale depuis quatre ans, M. Bergeron soutient que l'économie régionale a créé une majorité d'emplois à temps partiel.

Parmi les mesures qui permettraient de soutirer les personnes de la pauvreté, M. Bergeron croit que le salaire minimum devrait être haussé à un taux horaire de 12,50 à 13$ afin de permettre aux personnes d'atteindre le seuil de faibles revenus. La position de LASTUSE est de favoriser un revenu social garanti de 19 000$, ce qui éliminerait la nécessité d'établir un salaire minimum.

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