Locataires évincés des rues Saint-Thomas et Saint-Simon

Déménager contre son gré

Quatre résidences des rues Saint-Thomas et Saint-Simon, à... ((Photo Le Quotidien, Michel Tremblay))

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Quatre résidences des rues Saint-Thomas et Saint-Simon, à Jonquière, seront acquises prochainement par Saguenay pour être démolies afin de laisser place à 40 cases de stationnement destinées à accommoder les employés du Centre de recouvrement Desjardins aménagé dans l'ancien bureau de poste.

(Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

Si un déménagement peut être un événement heureux et signe de renouvellement, il n'en va pas de même pour tous. C'est le cas pour certains des dix locataires habitant l'un ou l'autre des quatre immeubles résidentiels des rues Saint-Thomas et Saint-Simon, à Jonquière, qui seront acquis prochainement par Saguenay pour être démolis afin de laisser place à 40 cases de stationnement destinées à accommoder les employés du Centre de recouvrement Desjardins aménagé dans l'ancien bureau de poste.

À la veille de la journée fatidique du 1er juillet, Le Quotidien a rencontré une des locataires malade et désoeuvrée habitant l'un de ces immeubles que l'on prénommera Martine, puisqu'elle ne souhaite pas être identifiée ni photographiée. Cette dame habite l'un des immeubles convoités par la Ville depuis quatre ans. Même si, au printemps dernier, son propriétaire Sébastien Blackburn avait consenti au renouvellement automatique de son bail de location, Martine a appris au début du mois de mai dernier qu'elle devrait quitter son logement pour le début juillet, ce qui serait en dehors des règles de la Régie du logement qui prévoit un avis de six mois pour la reprise des logements.

Sentant sur elle une certaine pression exercée par le propriétaire, Martine affirme n'avoir eu d'autres choix que d'acquiescer au départ de son logement. Pour s'assurer que ses droits seraient respectés, elle a consulté une avocate de l'aide juridique. «Ça faisait une demi-heure que j'étais sortie de l'hôpital, mon propriétaire m'apprend que je dois déménager. Il m'accorde comme compensation 50$ par mois pendant douze mois et le mois de juin gratuit. Il m'offre de me déménager et de faire et défaire mes boîtes», affirme-t-elle. Elle affirme avoir signé un document avec laquelle son propriétaire est reparti.

Atteinte d'un cancer, Martine affirme ne pas avoir la force d'effectuer aucune tâche importante, de sorte qu'elle n'a d'autres choix que de s'en remettre à son propriétaire et même à des étrangers pour déménager.

Pour dénicher un nouvel appartement, elle a dû recourir à la conseillère Sylvie Gaudreault qui a pu recourir à une mesure spéciale pour lui trouver un logement à prix modique sur la rue de La Vérendrye, en passant par l'Office municipal d'habitation, un logement qu'elle n'avait pas encore visité mardi après-midi.

Quant au rythme de son déménagement, elle ne pouvait que déplorer que son propriétaire n'agisse pas au rythme qu'elle souhaiterait, ce qui l'attriste profondément. «Je n'ai pas de force pour emménager, pour placer mes affaires, installer des stores. J'ai toujours déménagé une pièce à la fois. Dans le nouvel appartement, tout doit être placé pêle-mêle. Je me sens abusée par tout le monde», mentionne-t-elle en pleurs.

Elle avoue toutefois recevoir du soutien d'une travailleuse sociale du département d'oncologie et des services du CLSC, ce qui lui permet de recevoir un bain par semaine puisqu'elle souffre de vertige et d'épilepsie.

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