Programme de retraite

RTA veut implanter un nouveau régime pour ses futurs employés

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

Après avoir tenté sans succès de négocier la mise en place d'un nouveau régime à cotisations déterminées pour ses nouveaux travailleurs, Rio Tinto Alcan (RTA) revient à la charge afin d'alléger ses charges à long terme en tentant de négocier avec les syndicats des usines régionales la mise en place d'un nouveau Régime de retraite par financement salarial (RRFS), une mesure qui s'appliquerait à ses nouveaux employés embauchés à compter de 2017.

Hier, dans le contexte des négociations entreprises avec ses syndicats, la direction de RTA a distribué à ses employés un bulletin «En bref» et effectué un blitz médiatique afin d'expliquer sa position avec pour double objectif de rassurer les cotisants actifs et les retraités du régime à prestations déterminées actuel et présenter sa proposition déposée à la table de négociations.

Claudine Gagnon et Xuan-Lan Vu, porte-parole de RTA, ont indiqué d'entrée de jeu que dans le cadre de la négociation actuelle, il n'est nullement question de mettre en péril le régime de retraite actuel, de sorte que les travailleurs et retraités actuels continueront d'avoir droit aux prestations prévues.

Toutefois, elles ont mentionné que sans changements au régime actuel, la situation risque de devenir insoutenable à long terme au plan financier. Selon les prévisions actuarielles, les participants actuels quitteront graduellement à leur retraite jusqu'en 2055 et le régime devrait être éteint dans 85 ans, moment approximatif où il n'y aura plus de retraités recevant une rente. Ce régime couvre 6000 retraités et compte 2400 cotisants retraités. «Le nouveau régime que l'on propose pour les nouveaux employés comprend lui aussi des garanties de rentes équivalentes», explique Mme Vu.

Depuis les changements apportés en 2008 à la Loi sur les régimes complémentaires de retraite, le RRFS est rendu possible et s'adresse surtout aux travailleurs syndiqués. En vertu des règles du RRFS, l'engagement financier de l'employeur est fixe de sorte qu'il n'a pas à assumer les déficits actuariels. Les participants assument le risque financier sur une base collective et en conséquence possèdent les pouvoirs de décisions. La cotisation patronale ne peut être augmentée ou diminuée que si une modification est apportée au régime selon certaines modalités.

Ces modalités exigent, entre autres, que l'employeur consente à ce changement. Il pourrait être prévu que les modifications sont décidées par le syndicat ou négociées entre lui et l'employeur. Afin de prévoir une marge de manoeuvre, le régime exclut la règle du type salaire meilleures années et ne prévoit pas l'indexation automatique des rentes. Par contre, il est possible de garantir ou non les rentes par un assureur au moment de la retraite.

Selon Mme Gagnon, l'un des avantages sur RRFS est que le nouveau régime à prestations déterminées sera moins soumis aux aléas des fluctuations démographiques et des marchés financiers. Elle n'a pu préciser combien la multinationale pourrait économiser à long terme avec l'introduction d'un nouveau régime de retraite. À la Régie des rentes du Québec, le porte-parole, Pierre Turgeon, a mentionné que depuis son instauration, trois régimes de retraite par financement salarial ont été mis sur pied dans la province.

RTA explique la nécessité de créer un nouveau régime à prestations déterminées par le fait qu'un RRFS ne peut être créé par la conversion d'un régime traditionnel. Le nouveau régime doit donc démarrer sur de nouvelles bases avec des employés qui sont en début de carrière. Les scissions et les fusions de régimes ne doivent se faire qu'entre RRFS.

Invité à expliquer pourquoi RTA a décidé de s'adresser directement aux syndiqués, Mme Gagnon a expliqué que le régime de retraite est un enjeu actuel et qu'il est nécessaire d'informer les travailleurs étant donné que toutes sortes d'informations qui circulent à l'effet que le régime à prestations déterminées actuel est en danger.

La direction de Rio Tinto Alcan poursuit les négociations sur la pension avec les représentants d'Unifor et de ses syndicats affiliés représentant tous les employés des installations d'Arvida, AP60, Beauharnois, CRDA, EEQ Sud, Laterrière, RS Alma, Vaudreuil et les capitaines de remorqueurs.

Il n'a pas été possible de discuter avec les représentants syndicaux concernés.

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