Lait écrémé

La Fromagerie Boivin pourrait assécher les surplus

Des pourparlers ont lieu avec la Fromagerie Boivin... ((Photo Le Quotidien, Michel Tremblay))

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Des pourparlers ont lieu avec la Fromagerie Boivin afin de se servir des installations baieriveraines pour assécher des surplus de lait écrémé.

(Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

La Fromagerie Boivin pourrait délaisser temporairement la production de lactosérum afin de consacrer ses énergies au séchage des solides non gras (lait écrémé), actuellement en surplus sur le marché. La semaine dernière, 450 000 litres de lait écrémé ont dû être carrément acheminés au dépotoir en pure perte.

Luc Boivin, directeur général de la Fromagerie, affirme que certains des employés de l'entreprise pourraient voir leur calendrier de vacances bouleversé puisque des négociations sont en cours avec la Fédération des producteurs de lait du Québec dans le but de trouver une façon de disposer des surplus de lait écrémé afin de les assécher et en faire de la poudre de lait destinée à l'alimentation animale. M. Boivin a mentionné que si les négociations se concluent par une entente, la production pourrait s'étaler pendant une bonne partie de l'été.

Jean Vigneault, directeur des communications à la fédération, confirme que des pourparlers ont lieu avec Boivin afin de se servir des installations baieriveraines pour assécher le lait écrémé.

Il explique que la semaine dernière, les 450 000 litres de lait écrémé en surplus sont le fruit d'une situation exceptionnelle vécue depuis le début de 2015 en raison de la forte demande en gras.

Soulignons que la valeur des 8,4 millions de litres de lait produits quotidiennement au Québec est établie en fonction du pourcentage de gras qu'on y retrouve. Il précise que les quotas de production ont été haussés de 5 % cette année en plus de l'ajout de 16 jours de production. « On ramasse du lait de surplus pour faire face à la demande en gras pour la production de crème et de beurre sur le marché canadien. »

Importation de protéines

Parallèment à ces hausses, les producteurs laitiers font face à un autre phénomène avec l'importation de protéines sous forme liquide qui entrent dans la production de toutes sortes de produits alimentaires provenant des États-Unis. « On s'est battu dans le passé parce qu'il s'importait des protéines en poudre. On a réussi à obtenir une norme pour l'importation de ces produits. Ça a réglé le problème pendant un certain temps », explique-t-il.

Dans ce qu'il qualifie d'entourloupette, M. Vigneault mentionne que des producteurs américains ont développé de la protéine liquide concentrée à 85 % qui est considérée selon la règlementation canadienne comme du lait cru, ce qui vient ajouter au surplus.

« Ça fait une dizaine d'années qu'on mène une lutte. Le gouvernement actuel au niveau fédéral ne démontre aucune volonté de bouger. On va négocier avec les représentants concernés pour trouver une solution et s'assurer que les surplus de solides non gras soient écoulés dans les produits canadiens. C'est un gros défi parce que les transformateurs veulent maintenir leurs avantages compétitifs. Ce sera une négociation qui ne sera pas facile », conclut-il.

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