Hausse des tarifs en garderie

Les parents se tournent vers le privé

L'augmentation des tarifs en garderie a un impact... (Archives)

Agrandir

L'augmentation des tarifs en garderie a un impact considérable sur les centres de la petite enfance (CPE) de la région.

Archives

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Mélyssa Gagnon
Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

L'augmentation des tarifs en garderie a un impact considérable sur les centres de la petite enfance (CPE) de la région. Alors que se met en branle la ronde téléphonique pour remplacer les enfants qui entreront à l'école en août, les directions peinent à combler leurs places.

Même si les effets véritables de la hausse ne pourront être mesurés qu'à la fin de la présente année fiscale, bon nombre de parents ont déjà fait leurs calculs et jugent qu'il sera financièrement plus avantageux pour eux de se tourner vers le privé. Les répercussions se font sentir dans les CPE, mais aussi chez les responsables de la garde en milieu familial (RSG).

Le coût d'une place subventionnée était autrefois fixé à 7,30$ par jour, peu importe le revenu des parents. Or, le ministère de la Famille du Québec a majoré les tarifs le 1er avril dernier. La modulation est en fonction du revenu familial et la contribution quotidienne des parents pourrait atteindre 20$. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, les garderies privées coûtent entre 25$ et 35$ par jour, mais la plupart des ménages ont droit à un crédit d'impôt fédéral pour frais de garde. Ils peuvent aussi recevoir un remboursement anticipé chaque mois, au lieu d'attendre la déclaration annuelle de revenus.

Présidente du Regroupement des centres de la petite enfance et des bureaux coordonnateurs de la garde en milieu familial du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Sandra Larouche sonne l'alarme. S'il est difficile de mesurer les impacts directs de la hausse des tarifs, la responsable confirme que de nombreux milieux subventionnés en subissent déjà les contrecoups.

«Oui, plusieurs parents réfléchissent. Certains d'entre eux qui se trouvaient sur la liste d'attente d'un CPE décident de rester au privé parce qu'ils ont fait leurs calculs. Ces calculs sont très complexes, mais plusieurs les ont faits et ont décidé que c'était plus avantageux», dit-elle. Sandra Larouche croit que cette situation fragilise les milieux familiaux et le réseau public des CPE.

«C'est inquiétant. Au-delà des clients que l'on risque de perdre, c'est un réseau qu'on a mis des années à construire et on sait tout le travail qui a été fait pour bonifier le nombre de places subventionnées. Qu'est-ce que les gens vont préférer? Recevoir un crédit d'impôt chaque mois ou une mauvaise surprise à la fin de l'année?», exprime la présidente. Elle craint que la hausse des frais de garde ne provoque un retour en arrière, alors que certains parents envisageront la possibilité de demeurer à la maison.

La menace est double pour les responsables de la garde en milieu familial, qui perdent souvent des enfants au profit d'un CPE. L'émergence de garderies privées, jumelée à l'augmentation des coûts au public, font en sorte que certains milieux familiaux ont plusieurs places vacantes.

«Il faut vraiment expliquer la différence entre un milieu subventionné et un milieu privé. Pour le privé il n'y a aucune norme à respecter. Les seules plaintes qui sont recevables au ministère sont celles qui concernent le ratio. Les milieux subventionnés ont des normes à respecter et sont assujettis à des visites de conformité», met en relief Sandra Larouche, qui croit qu'en augmentant les tarifs, le gouvernement favorise la garde en milieu privé.

Éducatrices

Les éducatrices contractuelles, dont les enfants bénéficient d'une place temps plein au CPE où elles travaillent, évaluent également leurs options.

Certaines d'entre elles ont carrément refusé des remplacements parce que les frais de garde majorés présentent, pour elles, un désavantage financier. Le regroupement régional des CPE a l'intention de prendre le pouls de ses membres au cours des prochains jours dans le but de dresser un portrait réel de situation.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer