Les femmes métisses souligneront la Journée des autochtones

Une croix au poste de traite

Cette croix sera plantée aujourd'hui, à l'occasion d'une... (- photo le progrès-dimanche, michel tremblay)

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Cette croix sera plantée aujourd'hui, à l'occasion d'une cérémonie tenue sur le site du poste de traite de Chicoutimi. Il s'agit d'une activité soulignant la Journée des Autochtones, une initiative du Conseil des femmes métisses de la Boréalie. Sur cette photographie captée jeudi, on remarque quelques-unes de ses membres, soit Renée Dubois, Jacqueline Gravelle, Madeleine Bouchard, Loraine Richard, Russel-Aurore Bouchard et Martine Morissette.

- photo le progrès-dimanche, michel tremblay

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Daniel Coté
Le Quotidien

Le Conseil des femmes métisses de la Boréalie aura deux raisons de célébrer aujourd'hui, à l'occasion d'une cérémonie tenue dans ce qui fut le berceau de Chicoutimi. Ses membres, qui invitent tous leurs concitoyens à se joindre à elles, souligneront la Journée des Autochtones, tout en prenant acte des travaux réalisés sur le site du poste de traite.

Respectant une coutume établie en 2005, elles donnent rendez-vous à la population au monument du Côteau-du-Portage, situé à l'angle des rues Price et Dréan. Des offrandes seront effectuées à 9h, prélude à une courte marche vers l'emplacement du poste de traite établi en 1676.

Le nouveau sentier qui descend jusque-là longe une bande rocheuse où se déroulera la deuxième étape de la cérémonie. Au cours d'une visite effectuée jeudi, aux fins de ce reportage, celle qui assume le rôle de lien de mémoire au sein du Conseil des femmes métisses de la Boréalie, l'historienne Russel-Aurore Bouchard, n'a pas fait mystère de son émotion.

«On sent la puissance de la roche et on aime imaginer qu'elle est habitée par l'esprit de nos ancêtres. Ce lieu est torturé, symbolique et inspirant. C'est ici que tout a commencé il y a 400 ans et on est chanceux que ça ait été préservé», mentionne-t-elle.

Un lieu sacré

Pour accéder au troisième et dernier endroit où s'arrêteront les participants, on chemine vers l'espace où sont réalisées des fouilles archéologiques. Là où le sol a été creusé, on remarque des pierres et des fragments de brique rouge, celle qui a servi à construire la troisième et dernière chapelle du poste de traite, ouverte en 1893 et démolie en 1930.

Ce n'est pas la principale destination, cependant. La cérémonie prendra tout son sens lorsque le groupe atteindra le site où, croit-on, se trouvait le cimetière. Certes, les restes des défunts ont été déplacés au cimetière Saint-François-Xavier, mais cette terre demeure sacrée aux yeux des Métis.

«Ici ont été enterrés des Métis, mais aussi des Français, des Indiens et même des protestants, ce qui montre que ce lieu est ouvert aux différences, affirme Russel-Aurore Bouchard. Il représente la dignité humaine et je suis contente que Saguenay l'ait soustrait aux fouilles archéologiques par respect pour nos ancêtres.»

L'une des femmes qui l'accompagnait, jeudi, a ressenti cette présence par-delà les siècles, se disant émue, hésitant à rejoindre les autres à l'endroit où sera plantée une croix de bois cet avant-midi. Fabriquée par Tomy Tomic, elle comporte des éléments symboliques tels des fleurs de lys, du tartan, de la fourrure d'ours, des plumes, de la sauge et du tabac.

«On espère que les gens prendront soin de cette croix qui évoque nos racines judéo-chrétiennes. En cette époque où le gouvernement veut faire adopter une loi bidon sur la laïcité, où le Québec est en perte d'identité, il importe que les peuples fondateurs s'affirment. Ça prend une ligne de conduite dictée par la mémoire», estime Russel-Aurore Bouchard.

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