Travailleur écrasé à mort

La CSST blâme Potvin et Bouchard

L'inspecteur chimiste Dave Létourneau a présenté son rapport... ((Photo Le Quotidien, Michel Tremblay))

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L'inspecteur chimiste Dave Létourneau a présenté son rapport sur le décès d'un travailleur chez Potvin et Bouchard.

(Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

La gestion déficiente de la santé et sécurité du travail chez Potvin et Bouchard et la non-application du frein de stationnement d'un chariot élévateur sont identifiées comme les deux causes de l'accident ayant coûté la vie à Yvan Girard, le 16 décembre dernier, au Centre de distribution de l'entreprise située à Jonquière.

La Commission de la santé et sécurité du travail (CSST) a livré, hier, les conclusions de son enquête d'accident, le deuxième du genre à se produire en deux ans dans des circonstances semblables.

Rappelons que, vers 16 h 10 le 16 décembre, M. Girard opère un chariot élévateur afin de déposer sur une remorque deux paquets de bois de différentes longueurs. Avant d'y déposer la charge, il doit placer des travers sur la remorque. Il sort de la cabine de son chariot élévateur sans appliquer le frein de stationnement. Pendant qu'il place les morceaux de bois, le chariot élévateur derrière lui avance en sa direction et le coince entre les paquets de bois chargés sur les fourches et le bord de la remorque. Vers 16 h 35, un collègue découvre le cariste décédé sur place.

Dans son rapport, l'inspecteur chimiste Dave Létourneau relate que le 2 décembre 2013, un accident impliquant aussi un chariot élévateur blesse un travailleur au magasin Potvin et Bouchard de Chicoutimi. Sans cariste à bord, le chariot élévateur avance et vient happer un travailleur à la hauteur des genoux, le coinçant entre le chargement des fourches et des paquets de gypse au sol. L'enquête de la CSST révèle qu'un travailleur a omis d'actionner le frein de stationnement.

L'employeur détermine une procédure sécuritaire de travail et la transmet à l'ensemble de ses établissements sous forme de mémo. Toutefois, malgré l'adoption de cette mesure corrective, ni les travailleurs de la cour et le contremaître du Centre de distribution interrogés par la CSST n'ont entendu parler de l'accident. L'employeur ne peut prouver la diffusion du mémo de sécurité. L'employeur compte faire former ses caristes en début d'année 2014. La dernière formation remonte à 2005.

«L'employeur a manqué à plusieurs de ses obligations quant à l'organisation du travail. Il n'existait aucun programme structuré traitant des opérations de chargement et de déchargement des chariots élévateurs. L'employeur ne s'organise pas pour que ce soit opéré de façon sécuritaire», a commenté M. Létourneau.

Interrogée à plusieurs reprises sur l'accident prémonitoire du 2 décembre 2013 qui aurait dû servir de sonnette d'alarme, la direction de la CSST a rappelé que dans le cadre de la gestion de la santé et sécurité du travail, les employeurs ont la responsabilité d'identifier les dangers dans les milieux de travail. Le rapport d'enquête a été expédié à l'Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction (AQMAT).

Les déficiences aux règles de la CSST devraient se solder pour l'employeur par une amende variant entre 16 000$ et 63 000$.

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