Mgr Rivest condamne le prêtre pédophile et salue le courage des victimes

«Ce sont des jours très tristes. Surtout pour les victimes, mais aussi pour... (Michel Tremblay)

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Michel Tremblay

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Patricia Rainville
Le Quotidien

(CHICOUTIMI) «Ce sont des jours très tristes. Surtout pour les victimes, mais aussi pour l'Église.» L'évêque du diocèse de Chicoutimi, Mgr André Rivest, a sévèrement dénoncé les agissements de l'abbé Paul-André Harvey, mercredi matin. Il a affirmé compatir avec les victimes et a salué leur courage d'avoir dénoncé le prêtre pédophile auprès des autorités policières.

«En posant ces gestes inadmissibles, M. Harvey a trahi les engagements liés à son état clérical et il a aussi du tort à toute l'Église et aux prêtres du diocèse de Chicoutimi qui ont généreusement consacré leur vie à servir l'Église», a affirmé Mgr Rivest, triste, mais aussi très surpris par la culpabilité de l'abbé Paul-André Harvey. «Oui, je suis surpris. Jusqu'à maintenant, on parlait d'allégations. Depuis mardi, on sait que ce sont des abus. Et je dénonce l'immoralité des gestes posés par le coupable. Je compatis à la souffrance infligée aux victimes», a ajouté Mgr André Rivest. 

Par ailleurs, au cours des témoignages qui ont eu lieu au Palais de justice de Chicoutimi, mardi, des victimes ont affirmé avoir alerté le diocèse de Chicoutimi de la situation, il y a de ça plusieurs années. 

«Nous avons mené une enquête auprès des prêtres de l'époque et auprès des évêques Mgr Paré et Mgr Couture. Personne n'était au courant de la situation. Nous avons également cherché des lettres qui traitaient du sujet et nous n'avons rien trouvé. Il n'y a aucune trace qui prouverait que le diocèse de Chicoutimi était au courant», a expliqué l'avocate du diocèse, Me Estelle Tremblay. 

Toujours au cours des témoignages, l'avocat de l'abbé Harvey, Me Luc Tourangeau, a affirmé que son client avait voulu discuter de ses tendances pédophiles avec les autorités de l'Église, mais qu'on lui avait répondu de «prier plus fort». Questionné à ce propos, Mgr André Rivest a affirmé ne pas être au courant, mais que si cette situation se produisait aujourd'hui, l'évêque tenterait d'aider le prêtre, en lui trouvant des ressources. «J'agirais immédiatement, c'est certain», a noté Mgr Rivest. 

Il a ajouté que depuis les années 90, des formations sont données aux enseignants à la prêtrise, afin de prévenir de tel cas d'abus sexuels. Me Estelle Tremblay a ajouté qu'une politique très sévère était en place au diocèse pour dénoncer tout crime de cette nature. «Nous avons été sans pitié pour ce genre de cas, en collaborant et en dénonçant», a indiqué Me Tremblay. 

L'abbé Paul-André Harvey a plaidé coupable à 77 chefs d'accusation d'attentat à la pudeur et de grossière indécence. Il a fait 39 petites victimes, âgées entre cinq et dix ans, entre les années 1963 et 1987. Le religieux risque entre trois et huit ans de prison. 

Au cours de sa prêtrise, l'abbé Harvey a oeuvré dans douze paroisses de la région.

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