Rio Tinto devra la détourner pour sauver les plages de Saint-Gédéon

La Belle rivière joue les trouble-fête

Les riverains de Saint-Gédéon-sur-le-lac devront patienter au moins... ((Photo Le Quotidien, Marc St-Hilaire))

Agrandir

Les riverains de Saint-Gédéon-sur-le-lac devront patienter au moins quatre ans avant de retrouver leur plage d'autrefois. C'est le temps qu'il faudra à Rio Tinto pour dévier le cours de la Belle rivière, un affluent du lac Saint-Jean.

(Photo Le Quotidien, Marc St-Hilaire)

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Les riverains de Saint-Gédéon-sur-le-lac devront patienter au moins quatre ans avant de retrouver leur plage d'autrefois. C'est le temps qu'il faudra à Rio Tinto pour dévier le cours de la Belle rivière, un affluent du lac Saint-Jean.

« Un lac, c'est vivant; l'eau se déplace constamment. Dans cette partie du lac Saint-Jean, le courant part de Métabetchouan pour se rendre jusqu'à Saint-Gédéon. À la longue, les débris ont rempli la Belle rivière, qui a réagi en créant de nouveaux méandres. La sortie du cours d'eau s'est ainsi modifiée. Elle s'est rapprochée du rivage et a grugé la plage», explique le directeur de Rio Tinto - Programme de stabilisation des berges du lac Saint-Jean, Jean Pedneault.

Conséquence de cette chaîne d'événements, un canal s'est formé là où le sable s'étendait jadis. Les vagues ne sont maintenant confrontées à aucun obstacle naturel avant d'atteindre la rive.

Chez Rio Tinto, on aurait aimé agir rapidement dans ce dossier, surtout avec la grogne qui ne cesse de s'amplifier chez les propriétaires riverains. La multinationale est toutefois limitée dans ses actions et ce type d'ouvrage n'est pas compris dans le décret de gestion du lac Saint-Jean.

« Faire du dragage et de la relocalisation de canal n'est pas permis dans notre décret. Nous n'avons pas le droit. On a donc adressé le problème au ministère (du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques). On nous a répondu qu'il fallait suivre les étapes normales, c'est-à-dire qu'il faut faire une étude d'impacts. Aussi, il y aura peut-être des audiences du BAPE. Tout ça fait en sorte que ça va prendre quatre ans à régler le problème», insiste M. Pedneault.

D'ici là, une seule solution est envisagée par la direction du Programme : l'enrochement sous forme de perré et le rechargement de sable qui sera, inévitablement, emporté par les eaux l'automne prochain. « Au mois de novembre, la plage ne sera plus là », soutient Jean Pedneault.

« Si nous ne faisons rien en attendant, et qu'il y a une tempête comparable à celle de (l'automne) 2013, des maisons vont tomber dans le trou. Ces riverains n'ont plus aucune protection. C'est pourquoi nous avons fait un enrochement, un perré plus précisément, et qu'on l'a placé le plus près possible (de leur terrain). On a dit que c'est le mieux qu'on puisse faire et surtout, que c'est temporaire. Quand la rivière sera détournée, ce perré-là deviendra inutile.»

Rio Tinto enlèvera alors une partie de l'enrochement. Du sable sera transporté sur place et la plage du secteur de Saint-Gédéon-sur-le-lac redeviendra comme à l'époque, pour une quinzaine d'années espère-t-on.

« L'érosion est phénomène naturel. Les rivières qui changent de lit, ce n'est a pas d'hier. La nature est là et fait son oeuvre. Nous, notre job, c'est essayer de compenser pour l'érosion et en minimiser l'impact. Nous, au Programme de stabilisation des berges, notre grosse qualité est de passer après l'érosion. Dans le cas de Belle rivière, on n'a pas le choix de prévoir le coup car si on attend, on risque d'avoir de sérieux problèmes », termine le directeur.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer