Rémac évite la faillite

André Poulin... ((Photo Jeannot Lévesque))

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André Poulin

(Photo Jeannot Lévesque)

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(CHICOUTIMI) L'entreprise Rémac Innovateurs Industries de Jonquière poursuivra ses opérations au moins jusqu'à la fin du mois d'août. Le juge Roger Banford, de la Cour supérieure du Québec, autorise deux financements temporaires d'un maximum de 1 540 000 $ à l'entreprise afin de compléter les travaux du pont Corbeil de Saint-Eustache et pour assurer son fonds de roulement.

Mercredi matin, Me Estelle Tremblay, avocate de l'entreprise, a expliqué la situation en long et en large au tribunal afin de convaincre le magistrat d'accorder les deux requêtes et éviter ainsi la mise en faillite de la compagnie. Elle a mentionné que la situation était urgente, car l'entreprise avait besoin de liquidité pour payer ses employés jeudi.

Autre argument de poids pour Rémac, tous ses créanciers, ses fournisseurs et ses quelque 70 employés ont manifesté leur appui au président André Poulin afin de tout mettre en oeuvre pour sauver l'entreprise.

« Attendu que la situation particulière nécessite l'application de la mesure exceptionnelle recherchée; que la charge prioritaire réclamée est essentielle pour permettre la continuation des opérations et la restructuration efficace des affaires et que le bénéfice du financement temporaire et de la charge prioritaire pour l'ensemble des créanciers surpasse le préjudice potentiel à certains créanciers, pour ces motifs, j'accueille la requête », signe le magistrat. 

Rémac s'est retrouvée dans une situation précaire récemment après que la ville de Saint-Eustache eut refusé de payer les extras réalisés pour la reconstruction du pont. Des travaux imprévus ont dû être réalisés, mais la companie n'a pas encore été payée.

L'entreprise jonquiéroise bénéficiera d'un montant de 1,1 million de dollars afin de compléter les travaux à Saint-Eustache. La compagnie d'assurance Intact cautionnera le montant et sera remboursée lors du paiement des travaux par la Ville.

Quant au deuxième financement temporaire, il est d'au moins 400 000 $ et permettra d'assurer le fonds de roulement de l'entreprise pour les prochains mois, le temps que le programme de restructuration soit mis en place.

« Je suis très heureux de la décision du juge. C'est encourageant pour l'avenir, mais dans l'immédiat, cela nous permet de poursuivre nos opérations et de terminer le projet de Saint-Eustache », indique André Poulin, le président de la compagnie.

« Je suis heureux de la compréhension et de la collaboration de tous nos clients, fournisseurs, créanciers et employés. Ils sont tous derrière nous et ont confiance que les choses se replacent. Nous avons quatre mois devant nous pour les choses en place », ajoute-t-il.

Lors de son témoignage, le syndic Fabien Tremblay a été très clair sur l'avenir de l'entreprise si les financements temporaires sont refusés.

« C'est la faillite immédiate, la perte d'emplois pour plus de 70 personnes et celles-ci ne recevront pas leur paie demain matin. Il y a vraiment un avantage pour tout le monde que le projet de Saint-Eustache se termine. Si ce n'est pas le cas, plusieurs compagnies y perdront beaucoup, sans oublier les clients de Rémac qui ne recevraient pas la marchandise pour laquelle ils ont avancé de l'argent », explique le syndic au dossier.

Ce dernier dit avoir confiance au plan de restructuration de l'entreprise du boulevard du Royaume. Il sait qu'il peut y avoir des impondérables dans les mois à venir, mais croit qu'il est réaliste de croire que les opérations vont se poursuivre.

« Nous nous félicitons d'avoir eu les appuis de la Banque de Montréal, la Banque de développement du Canada, Investissement Québec, Revenu Québec et Revenu Canada, de même que l'appui de tous les fournisseurs de l'entreprise et des employés. L'entreprise fournit tout de même de l'emploi à 70 personnes dans un contexte économique qui n'est pas facile », a commenté Me Tremblay.

Une fois que les travaux seront terminés à Saint-Eustache, Rémac devrait être en mesure de poursuivre ses activités. Quant aux réclamations supplémentaires qu'elle pourrait demandées à la municipalité du nord de Montréal, il reste à voir si cela sera possible.

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