Litige avec Saint-Eustache

Remac se place sous la protection de la loi

Le contrat avec Saint-Eustache comprenait la pose d'une... (Photo Le Quotidien, archives)

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Le contrat avec Saint-Eustache comprenait la pose d'une nouvelle structure de 350 pieds enjambant la rivière des Mille-Îles pour relier l'île Corbeil, où résident une vingtaine de citoyens.

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Dominique Gobeil
Le Quotidien

L'entreprise jonquiéroise Remac se place sous la protection de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité et intentera un recours judiciaire civil contre la ville de Saint-Eustache, s'il y a lieu, pour le non-paiement des frais supplémentaires dans la construction du pont Corbeil.

La «Requête pour création de financements intérimaires, création d'une sûreté pour frais et pour abréger les délais normaux d'avis de présentation et Audition urgente» a été déposée hier par Me Estelle Tremblay et sera présentable devant un juge de la Cour supérieure du Québec lundi. Dans ce document de 27 pages, on peut lire que Saint-Eustache a posé «des gestes illégaux et abusifs».

contrat

En mars 2014, Remac innovateurs industriels inc. a remporté l'appel d'offres pour la réfection du pont, la seule structure permettant aux 20 citoyens de l'île Corbeil de rejoindre le continent, avec une soumission de plus de 2,5 millions$. Les travaux devaient être exécutés au plus tard au mois de décembre suivant, sinon la firme s'exposait à des pénalités importantes.

Toutefois, lorsqu'est venu le temps de poser la structure de pièces mécano-soudées en acier atmosphérique construite par Remac sur les piliers, les experts ont découvert que les bases étaient détériorées et instables, donc incapables de supporter le nouveau pont. Les professionnels de Saint-Eustache ont demandé à l'entreprise de faire les travaux supplémentaires nécessaires.

Étant donné les conditions différentes de ce que l'appel d'offres mentionnait, les délais n'ont pu être respectés et Remac procède encore à la finalisation du projet. Cependant, la municipalité n'a payé que 14 jours de prolongation, alors que le contractant comptabilise près de 1 150 000$ en coûts additionnels impayés.

Remac se retrouve avec un déficit dans son fonds de roulement et des dettes totalisant près de 3 M$ envers Investissement Québec, la Banque de Montréal (BMO) et la Banque de développement du Canada (BDC). La firme a dû mettre à pied 65 employés intérimairement, alors qu'elle en comptait environ 85 en avril dernier. Ceux restants risquent de perdre leur emploi sans la protection du tribunal.

À l'effet d'un contrat de cautionnement avec Intact, compagnie d'assurance, Remac peut profiter d'un appui financier de plus de 2 M$ pour finir ses contrats en cours. En plus de Saint-Eustache, l'entreprise dessert l'organisme autochtone Makivik, Saint-Félicien, la ville de Québec et la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay.

Saint-Eustache a aussi fait signer un avis de défaut, considéré «faux» par le plaignant et comme «une pression indue sur la Débitrice [Remac] afin qu'elle livre l'ouvrage sans être payée des extras réclamés», est-il indiqué dans la requête. La ville n'a pas répondu à l'offre de médiation de Remac en avril. La firme régionale ne désire pas émettre de commentaires, puisque l'affaire se retrouve en cour.

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