La FIM-CSN demande une politique industrielle claire

Pertes d'emploi, sous-traitance, politique industrielle et relations... (Michel Tremblay)

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Michel Tremblay

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Patricia Rainville
Le Quotidien

Pertes d'emploi, sous-traitance, politique industrielle et relations intersyndicales; de nombreux thèmes seront abordés au cours du congrès de la Fédération de l'industrie manufacturière (FIM-CSN), qui se déroule jusqu'à vendredi, à Chicoutimi. Pas moins de 300 délégués syndicaux des quatre coins du Québec se sont donné rendez-vous à l'hôtel Le Montagnais.

Au cours de 12 dernières années, le Saguenay-Lac-Saint-Jean a perdu environ 4000 emplois dans le secteur manufacturier, a affirmé le président régional de la CSN, Engelbert Cottenoir, hier après-midi, lors d'un point de presse tenu en marge du congrès. À l'échelle provinciale, on parle de 160 000 emplois perdus au cours des dix dernières années.

«C'est inquiétant, évidemment. Les emplois perdus étaient de bons emplois, comme dans le secteur de la forêt (pâtes et papiers) et de la métallurgie. Les mesures d'austérité du gouvernement Couillard ont un réel impact sur le secteur manufacturier. Il est plus que temps que le Québec se dote d'une politique industrielle claire», a affirmé le secrétaire général de la CSN, Jean Lortie.

Selon la FIM, l'État doit chercher à structurer le développement économique et, pour cela, il doit assumer un rôle central dans la planification d'une stratégie industrielle. «Dans le secteur manufacturier, le laisser-aller ne peut mener qu'au déclin observé depuis une décennie», a affirmé le président de la FIM, Alain Lampron.

Solidarité

Sous le thème «Fière et solidaire» et pendant toute la semaine, les participants au congrès seront appelés à se prononcer et à débattre sur différents sujets et à riposter contre les politiques d'austérité des Libéraux. La solidarité entre fédérations syndicales sera d'ailleurs au coeur des discussions. En effet, les délégués auront l'occasion de montrer leur solidarité de façon différente, en participant à un panel sur la stratégie intersyndicale, qui regroupera des intervenants internationaux de différentes allégeances syndicales.

De plus, les congressistes iront manifester leur appui aux syndiqués en lock-out des concessionnaires automobiles, affiliés à la CSD.

«La différence d'allégeance ne doit pas servir à justifier l'absence de solidarité. CSN ou pas, un travailleur, c'est un travailleur, et nous devons le soutenir dans sa lutte», a déclaré Alain Lampron. Une soirée de solidarité se tiendra également demain soir.

Sous-traitance et délocalisation

Selon Alain Lampron, le congrès sera l'occasion de préciser les orientations de la Fédération pour les prochaines années. D'ailleurs, la sous-traitance et la délocalisation des pouvoirs inquiètent la Fédération.

«La sous-traitance, de plus en plus utilisée par les industries, diminue énormément le rapport de forces en temps de négociation. Il s'agit d'une préoccupation pour nous. C'est la même situation pour la délocalisation des pouvoirs, qui complique la tâche lors des négociations», a ajouté Alain Lampron.

D'autres sujets, comme les relations intergénérationnelles, la vie syndicale et les finances de la Fédération, seront abordés durant le congrès.

La Fédération de l'industrie manufacturière a été fondée en 2011, à la suite de la fusion de deux fédérations de la CSN, la Fédération des travailleurs du papier et de la forêt et la Fédération de la métallurgie.

«Aujourd'hui, il n'est plus question de métal et de papier, mais bien de l'industrie manufacturière. Nous avons réussi à passer outre ces distinctions qui s'étaient enracinées depuis plusieurs décennies dans le monde syndical», a ajouté Alain Lampron.

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean a marqué l'histoire syndicale avec ses luttes, dont celle des 1300 ouvriers de la Price Brothers, membres des syndicats de Kénogami, de Jonquière et de Riverbend Alma, en 1942 et 1943. Ce conflit a ouvert la voie à l'adoption de la Loi des relations ouvrières de 1944 et à l'obligation de négocier des conventions collectives avec les syndicats.

En 1937, les employés de l'Aluminium Compagny of Canada d'Arvida obtenaient des augmentations salariales de 25% à 35%, le respect du congé le dimanche, neuf jours de congé fériés et des vacances annuelles payées. Il s'agissait d'une première au Québec dans le monde ouvrier.

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