Mine du lac à Paul

Espoir et craintes aux audiences du BAPE

Douze mémoires ont été déposés, hier, lors des... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Douze mémoires ont été déposés, hier, lors des consultations du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) qui se déroulaient à Saint-Fulgence.

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Le projet d'ouverture et d'exploitation de la mine d'apatite du lac à Paul soulève un vent d'espoir chez les élus de la région, mais continue d'inquiéter citoyens et villégiateurs.Douze mémoires ont été déposés, hier, lors des consultations du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) qui se déroulaient à Saint-Fulgence.

Les retombées économiques prévues pour le projet encouragent les élus, tandis que les questions liées au transport et à l'environnement dérangent les citoyens et villégiateurs.Une centaine de citoyens et d'élus ont assisté aux consultations, de même que Jean-Sébastien David, chef de l'exploitation chez Ariane Phosphate. L'assemblée était présidée par les commissaires Anne-Marie Parent et Jacques Locat.Il s'agissait de la deuxième étape des consultations puisqu'en avril, le BAPE avait tenu trois journées de consultations, à Chicoutimi, où les citoyens avaient été invités à poser des questions sur le projet d'Ariane Phosphate de plus d'un milliard de dollars.Voici un résumé des mémoires déposés.

1- Groupe de villégiateurs du lac RouvrayLe tracé proposé de 30 kilomètres, passant au sud du lac Rouvray, dérange le groupe de villégiateurs. Ce lac de 54 km de diamètre, situé sur la zec Onatchiway, comporte un débarcadère près duquel 22 des 24 chalets du plan d'eau sont construits et le chemin passerait tout près de ce point. La nuisance par le bruit est l'un des points soulevés par les villégiateurs. Jour et nuit circuleront des camions munis de frein moteur aux six à dix minutes. De plus, selon eux, le tracé briserait l'effet de filtre des milieux humides du secteur et nuirait aux caribous, puisqu'il a été démontré d'un troupeau de caribous se trouve près de cet endroit. Pour cette raison, le tracé situé au nord du lac serait plus acceptable. La cohabitation entre les camions et les villégiateurs inquiète également, notamment en raison de la longueur du tracé et l'absence de services d'urgence.

2- Madeleine Bouchard

La citoyenne de Saint-Fulgence a souligné l'aspect unique du fjord en Amérique du Nord. Selon elle, il s'agit du moteur économique de la région et d'un joyau récréotouristique, de même que les monts Valin, également impactés par le projet. D'y mettre un port créerait d'autres emplois, mais il importe d'en calculer également les impacts collatéraux. La poussière et ses impacts sur les gîtes, camping, orignaux et la santé font également partis des points soulevés.

3- Regroupement du lac Grand

Les villégiateurs du lac Grand, représentés par Denis Bouchard, tenaient à démontrer leur désaccord vis-à-vis le plan proposé par ceux du lac Rouvray. Ils demandent plutôt de respecter le tracé existant, soit la route L-200. Selon eux, le sol est déjà stabilisé et les infrastructures sont en place. Ils se questionnent sur la pertinence de sectionner le secteur d'est en ouest.

4- Mashteuiatsh, Pessamit et Essipit

Les Premières Nations souhaitent notamment que les intérêts de Pessamit soient pris en compte dans le projet. Selon elles, il est souvent question du Saguenay-Lac-Saint-Jean, mais il faut reconnaître la zone limitrophe du projet entre les nations de Mashteuiatsh et Pessamit puisqu'aucune analyse à l'égard de cette dernière n'a été faite. Parmi les autres points soulevés, les Autochtones réclament la protection du caribou forestier, l'emblème de tous les Innus, et l'analyse des effets cumulatifs sur l'environnement après les 25 années d'exploitation de la mine.

5- Administration portuaire de Saguenay

Le directeur général de Port Saguenay, Carl Laberge, a souligné l'importance d'un port sur la rive nord du Saguenay pour l'économie de la région. Il permettrait notamment de désenclaver le territoire de la rive nord qui est riche en ressources naturelles. Alors que le taux d'emploi diminue et le taux de chômage augmente, le projet d'Ariane Phosphate deviendrait un moteur économique important pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean. M. Laberge se dit convaincu que le prometteur a fait ses devoirs et qu'il agit de bonne foi.

6- Municipalité de Sainte-Rose-du-Nord

Le maire Laurent Thibault a rappelé que le territoire de Sainte-Rose-du-Nord, censé accueillir le nouveau port, est entouré par six zones d'aires protégées ou de parcs, mais il se dit tout de même en faveur du projet. Selon lui, il s'agit d'un projet porteur d'espoir pour le village de 397 habitants qui connaît un exode des jeunes extrêmement important. « On croit que ce développement économique permettra d'assurer la sécurité de tous les citoyens sur les plans des régimes sociaux, de la santé et économique. » M. Thibault convient qu'il y aura des inconvénients, mais il croit que les installations portuaires constitueront un baume pour les jeunes et seront un incitatif pour le retour des citoyens.

7- Municipalité de Saint-Fulgence

Le maire Gilbert Simard a rappelé l'histoire de la municipalité et toutes les fermetures d'usines survenues au cours des dernières années. Selon lui, il est rare qu'un projet vienne stimuler l'économie de Saint-Fulgence, et même, de toute la région. Les retombées économiques importantes, les emplois directs et indirects de même que le développement résidentiel de la municipalité sont porteurs d'espoir. La municipalité a d'ailleurs initié, dernièrement, un projet de parc industriel sur l'ancien site de la scierie PFR.

8- Citoyen

Frédéric Lebrun, citoyen de Saint-Fulgence, donne son appui au projet. Selon lui, la population doit faire preuve d'ouverture, d'autant plus que le promoteur a fait preuve de transparence. «Il est clair que ce projet est socialement acceptable. Beaucoup de gens à qui j'en parle sont en accord, ce qu'on appelle la majorité silencieuse.» D'un point de vue économique, M. Lebrun juge qu'il est indéniable que la région et Saint-Fulgence ont besoin de ce projet et des emplois de qualité qui en découleront. Le citoyen souhaite cependant que le promoteur maximise les retombées et favorise la deuxième et troisième transformation en région. En ce qui concerne le transport, il invite la population à être indulgente et à partager la route. «Je m'inquiète aussi de l'avenir de mes petits-enfants, mais qu'en sera-t-il si nous disons toujours non aux projets?»

9- Syndicat des salariés de la scierie de Saint-Fulgence

Le syndicat demande à Ariane Phosphate de privilégier les anciens travailleurs de la scierie qui ont perdu leur emploi. Parmi eux, plusieurs ont été relocalisés dans la région ou ailleurs, ont changé de domaine ou sont toujours sans emploi. Le syndicat, représenté par Martin Morissette et Éric Larouche, rappelle que les ex-travailleurs subissent toujours les préjudices de leur perte d'emploi. Sur le plan de la villégiature, le syndicat voit d'un bon oeil l'utilisation de la route forestière, notamment pour son entretien. «Nous sommes déjà gagnants si on arrête l'exode des jeunes. Les PME vont en bénéficier.»

10- MRC du Fjord-du-Saguenay

Le préfet Gérald Savard a donné sa confiance au projet. Il croit qu'il est important de miser davantage sur la filière minière. Selon lui, les chiffres sont significatifs et porteurs d'espoir pour le territoire de la MRC, les retombées prévues pour la région étant de 2,6 milliards $ pour la durée d'exploitation de la mine. M. Savard a tout de même apporté quelques points pour améliorer le projet, notamment de maintenir la table de consultation créée en 2014, de maintenir le côté touristique de l'entrée de la route L-200 sur les monts Valin, d'améliorer la sécurité des usagers sur la route, d'établir un scénario de chemin qui minimisera les impacts, etc.

11- Citoyens

Charles et Alain Bouchard, citoyens de Saint-Fulgence, sont copropriétaires d'un terrain boisé situé à Sainte-Rose-du-Nord et convoité par Ariane Phosphate. Ils souhaitent qu'une entente de gré à gré soit conclue avec le promoteur, ce qui n'est toujours pas le cas. De plus, ils désirent que la compagnie s'engage à rétrocéder la route au sud de la 172 à des instances publiques qui auront des comptes à rendre à la population. Ils croient toutefois que le projet est très intéressant dans une vision globale du développement.

12- Coalition pour que le Québec ait meilleure mine

Dominique Bernier a soulevé plusieurs éléments liés à l'environnement. Selon la représentante de la Coalition, il est nécessaire de revoir encadrement des mines à ciel ouvert. La préservation de la qualité de l'air est également très importante, d'autant plus que «le promoteur n'a pas modélisé l'émission de poussières». Selon elle, une analyse plus approfondie aurait été intéressante. L'impact sur l'eau est également un enjeu majeur dans le cadre des mines à ciel ouvert.

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