Mise en place de 25 bancs de frai d'éperlans à l'est de l'Île aux Pins

Ne manque plus que l'autorisation

Le professeur Pascal Sirois de l'UQAC juge qu'une... ((Archives Le Quotidien))

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Le professeur Pascal Sirois de l'UQAC juge qu'une augmentation de quelques pour cent du succès d'éclosion des oeufs d'éperlans est suffisante pour changer le portrait du cycle proie-prédateur entre l'éperlan et la ouananiche dans le lac Saint-Jean.

(Archives Le Quotidien)

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La Corporation de LACtivité pêche du Lac-Saint-Jean n'a plus qu'à obtenir son certificat d'autorisation environnementale pour ériger, pendant l'hiver 2016, 25 bancs de frai d'éperlans à l'est de l'Île aux Pins, à la sortie de la rivière Mistassini, pour compléter son programme scientifique visant à stabiliser les stocks de ouananiches destinés à soutenir la pêche sportive.

Dans son message aux membres, le président sortant du conseil de la corporation, Mishell Potvin, confirme la réalisation de cet ambitieux projet. Il s'agit de l'aboutissement de près d'une dizaine d'années de recherches menées sous l'égide de la CLAP et du professeur Pascal Sirois, de la Chaire de recherche sur les espèces exploitées de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

Avec la mise au jour du cycle proie-prédateur du saumon d'eau douce, il a été démontré que la disponibilité de l'éperlan devenait un facteur limitatif pour le maintien des populations d'ouananiches.

Le projet de l'ordre de 700 000 $ est déjà financé dans une proportion de 54 %, selon le biologiste Marc Archer, directeur général de la CLAP. L'organisme a déposé des demandes d'aide financière auprès de la Fondation de la Faune du Québec et de la Fondation Hydro-Québec pour l'environnement.

« Nous l'avons expliqué aux pêcheurs lors de notre dernière assemblée générale annuelle. Il s'agit d'un projet dont nous n'avons aucune garantie de succès. Il y aura des suivis printaniers pendant trois ans. Il s'agit d'une première mondiale puisque nous n'avons rien retracé du genre ailleurs », insiste Marc Archer.

L'hypothèse de base retenue pour procéder à ces aménagements d'habitat faunique, qui seront concentrés dans un rectangle de 2,5 par 3 kilomètres, est d'offrir des surfaces solides pour permettre aux oeufs d'éperlan de s'accrocher solidement. En ce moment, selon les recherches, l'éperlan dépose ses oeufs sur le fond sablonneux du lac Saint-Jean dans le secteur où seront érigées les structures. Les oeufs s'accrochent uniquement à des grains de sable et sont donc plus exposés aux problèmes de courant et de mouvement du sable, ce qui limite le taux d'éclosion.

Marc Archer rappelle que les relevés effectués dans le secteur immédiat de l'ancienne Île aux Pins ont démontré un meilleur succès d'éclosion. Dans cette zone, les oeufs d'éperlan s'accrochent à de nombreuses souches ou troncs d'arbre qui jonchent le fond. Dans la conception du projet, aucune structure n'a été installée dans la zone de l'île. « On ne voulait pas prendre de risque et intervenir dans un endroit où il y a des indices qui démontrent que l'éclosion fonctionne bien », ajoute le biologiste.

Les structures érigées sont rondes. Il s'agit de monticules de pierres d'en moyenne 110 mètres carrés. Ils ont été répartis en fonction de la profondeur puisque la température de l'eau est l'élément qui déclenche la ponte des oeufs. « L'objectif est de s'assurer que chaque année, au moins 85 % des structures pourront accueillir des oeufs. On a donc érigé les structures à différentes profondeurs en fonction de la montée des eaux au printemps. »

Les concepteurs des bancs de frai du lac Saint-Jean ont quand même été en mesure d'observer une frayère à l'état naturel répertorié au Québec. Il s'agit de la frayère située dans le secteur de Beauport, laquelle est constituée d'un tapis de pierres créé par la nature.

Il est difficile d'établir un objectif quant à l'augmentation du pourcentage d'éclosion des oeufs d'éperlan. M. Sirois avait indiqué au Quotidien qu'une amélioration de quelques unités de pourcentage aurait un impact significatif sur la production d'éperlans puisque l'on parle de millions d'oeufs.

Les études réalisées dès le début de ce projet ont confirmé que la productivité biologique du lac Saint-Jean était largement suffisante pour supporter des stocks d'éperlans beaucoup plus importants.

« On vise à diminuer les creux du cycle proie-prédateur. Même s'il n'est pas éliminé complètement, ça sera un gain de le limiter. Nous avons déjà une phase 2 du projet qui est prête si les résultats de la première phase sont concluants », a conclu Marc Archer.

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