Relance de l'industrie forestière avec la pâte

Les conditions ne sont pas là, tranche Garneau

Le grand patron de Résolu, Richard Garneau.... ((Archives Le Quotidien))

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Le grand patron de Résolu, Richard Garneau.

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Le président et chef de la direction de Résolu, Richard Garneau, juge que les conditions essentielles à la mise en place d'un vaste programme de relance de l'industrie forestière au Québec tel que préconisé par le professeur de l'Université Robert Beauregard ne sont pas réunies pour susciter l'intérêt des investisseurs.

Le rapport, commandé par le gouvernement péquiste lors du Rendez-vous de la forêt québécoise de Saint-Félicien, fait état de la nécessité pour le Québec et l'industrie de poser des gestes importants afin de relancer l'industrie. Sans quoi, écrivait le professeur, l'industrie forestière risquait d'entreprendre un lent déclin. La base de ce grand virage repose sur la construction dans les régions du Québec de deux ou trois usines modernes de pâte chimique pour être en mesure de transformer la fibre en cellulose. Richard Garneau juge pertinent de présenter une telle solution pour être en mesure de compenser pour la réduction dans d'autres marchés des produits de la forêt. Résolu a racheté l'usine de Saint-Félicien en raison du potentiel des marchés pour le futur.

La pâte produite dans ces usines trouve de nombreuses applications et est intégrée à plusieurs produits nécessaires dans la construction ou les papiers de tissu. Le problème réside dans les investissements nécessaires pour en arriver à rentabiliser à long terme des investissements de cet ordre.

«Pour construire une usine comme Saint-Félicien, il faut être en mesure de justifier, auprès des investisseurs, un somme d'au moins 1 milliard de dollars. Ce n'est pas quelque chose que l'on peut faire dans l'état actuel des choses au Québec puisque nous ne sommes pas capables d'obtenir des engagements à long terme sur la disponibilité de la ressource. Ce n'est pas rien puisque l'usine de Saint-Félicien a besoin de 800 000 tonnes métriques de copeaux sur une base annuelle pour produire à plein rendement», rétorque Richard Garneau, qui ne conteste pas les projections d'augmentation de la consommation de cette pâte au cours des 20 prochaines années sur lesquelles le professeur en génie forestier base son projet de relance.

«Nous nous retrouvons toujours devant les trois mêmes conditions que les investisseurs jugent essentielles pour prendre le risque d'engager des sommes aussi importantes. Nous avons besoin de certitude, de transparence et de longévité. Il faut connaître ce que nous aurons à notre disposition à long terme pour les ressources naturelles», reprend Richard Garneau.

Dans l'industrie de l'aluminium, le gouvernement du Québec accorde des blocs énergétiques à des tarifs fixes (indexés) sur des périodes de 25 ans pour rassurer les investisseurs. Dans l'industrie forestière, le gouvernement procède à une révision des garanties d'approvisionnement tous les cinq ans en fonction des évaluations menées par le forestier en chef sur la possibilité forestière.

En ce moment, l'industrie du sciage repose sur un fragile équilibre entre la production de copeaux et la demande des usines de production de pâte. La fermeture de capacités additionnelles dans le domaine du papier journal risque de provoquer un surplus de copeaux sur le marché et diminuer la rentabilité des usines de sciage (30% des revenus). À court terme, la construction d'usines de pâtes apparaît comme la solution la plus logique pour transformer cette matière première.

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