Prise d'otage survenue au Comfort Inn

Deux policiers de Saguenay honorés

Sébastien Fortin et Carl Tremblay recevront respectivement la... ((Photo Le Quotidien-Rocket Lavoie))

Agrandir

Sébastien Fortin et Carl Tremblay recevront respectivement la Croix de bravoure et la Médaille pour action méritoire pour leur intervention lors de la prise d'otage survenue au Comfort Inn de Chicoutimi, en mars 2014.

(Photo Le Quotidien-Rocket Lavoie)

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Deux policiers de la Sécurité publique de Saguenay (SPS) seront honorés, lundi, lors de la Journée de reconnaissance policière tenue à l'École nationale de police du Québec, à Nicolet. Sébastien Fortin et Carl Tremblay recevront respectivement la Croix de bravoure et la Médaille pour action méritoire pour leur intervention lors de la prise d'otage survenue au Comfort Inn de Chicoutimi, en mars 2014.

Cette matinée du 9 restera à jamais gravée dans la mémoire des policiers. Le Jonquiérois Bernard Labrie, qui a été condamné à 52 mois de pénitencier le 20 août dernier, s'était présenté au motel armé d'un long couteau de cuisine. Fortement intoxiqué, l'individu réclamait une chambre avec un minibar. Sous la menace du couteau, une employée l'a accompagné afin d'en trouver une disponible. En raison du travail des policiers, aucun événement malheureux n'est survenu.

«Quand nous avons reçu l'appel, c'était pour une prise d'otage avec un couteau, a raconté le policier Carl Tremblay, hier, lors d'une entrevue avec Le Quotidien. Je suis descendu de la voiture avec l'arme au poing et j'ai longé la bâtisse pour me rendre à l'entrée temporaire parce que le motel était en rénovation. J'ai vu qu'il y avait une madame paniquée au deuxième étage qui me faisait signe. En entrant dans le motel, j'ai vu des gens et en leur disant de faire attention, je me suis rendu compte que c'était le suspect avec l'employée. Elle avait le couteau sur la gorge.»

Carl Tremblay a alors décidé de tenter de calmer Labrie et a rangé son arme. «Il était comme une bombe. Il était en crise et en état d'ébriété, a précisé Carl Tremblay. Pendant la nuit, on courrait après parce qu'il faisait le tour des hôtels pour retrouver son ex-conjointe.»

Impossible de tirer

«Pour prendre la décision de tirer sur un individu, il faut que ma vie ou celle d'un autre soit en danger. C'était le cas, mais je n'avais pas de marge de manoeuvre.»

Quelques minutes après, Sébastien Fortin est arrivé de l'autre côté de l'individu, qui avait le dos contre le mur du corridor. Les deux policiers ont été en mesure de le contenir en avançant peu à peu chacun de leur côté.

«Le niveau de stress était assez élevé, a avoué le policier Fortin. Quand je suis arrivé, je me suis dit 'il faut que je tire, c'est sûr qu'il va la trancher''. Je l'ai visé, mais j'avais peur de toucher la madame. J'ai décidé d'avancer, mais il me disait d'arrêter, alors je reculais un peu.

«En essayant d'ouvrir la porte derrière lui, il a changé le couteau de position. J'ai voulu sauter pour lui enlever, j'ai fait un geste par en avant, mais je me suis retenu parce que j'étais encore loin et j'avais peur de le manquer.»

«J'ai pris ça comme un signe, a ajouté Carl Tremblay. Je me suis dit 'OK, il est prêt''. Alors j'ai parlé et levé les bras pour attirer l'attention du suspect et Sébastien en a profité pour sauter dessus et attraper le couteau.»

L'individu a finalement été maîtrisé avec du poivre de Cayenne et l'employée s'en est tirée sans blessure physique, mais avec un violent choc nerveux.

«L'intervention a duré quelques minutes, mais dans ma tête, on a été là une heure et demie, a avoué Sébastien Fortin. Il n'y a personne de mort, personne de blessé. C'était le scénario parfait.»

«Mais on aurait aimé mieux que ça n'arrive pas! , a ajouté Carl Tremblay. Il aurait pu se passer plein de choses... Après, on s'est serré dans nos bras. On ne fait jamais ça. J'ai même collé la madame!»

À la suite des événements, Carl Tremblay a subi un choc post-traumatique et a été en arrêt de travail pendant six semaines. "Ç'a été très difficile. J'ai été crispé pendant deux jours. Encore aujourd'hui, j'en parle et je tremble presque.»

«Moi, je suis rentré faire mon chiffre le soir, et je me suis rendu compte que j'étais encore bouleversé. J'ai arrêté de travailler une semaine. Les premières nuits, je me suis demandé souvent qu'est-ce qui serait arrivé si j'étais passé à côté du couteau...», a pour sa part ajouté Sébastien Fortin.

Médailles

Carl Tremblay, 39 ans, originaire de Saint-Honoré, et Sébastien Fortin, 28 ans, natif de Péribonka, sont évidemment très heureux de recevoir une telle reconnaissance. Lundi, lors de la remise, ils auront une pensée pour les policiers Tanya Lapointe, Stéphane Martel et Michaël Larouche qui étaient également sur les lieux de la prise d'otage. Ils seront accompagnés des membres de leur famille.

«Ça boucle bien ce qui s'est passé. Ç'a été une épreuve dans ma vie et c'est le fun que ce soit reconnu. Les policiers sont souvent blâmés, mais c'est agréable que notre bon travail soit reconnu», a conclu Carl Tremblay.

Mcote@lequotidien.com

C'est la plus haute décoration décernée à un policier. Elle est décernée à tout policier du Québec qui a agi au péril de sa vie et qui a fait preuve de courage exceptionnel.

Elle est décernée à tout policier du Québec qui a accompli, dans l'exercice de ses fonctions, un acte méritoire ou qui a accompli, en dehors de l'exercice de ses fonctions, un acte qui mérite une reconnaissance publique.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer