Les contrats pour Stornoway vont à l'Abitibi

Les diamants de la colère

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La décision des Diamants Stornoway du Canada de réaliser sans appel d'offres la construction de la mine Renard des monts Otish va accentuer de façon significative la baisse déjà évaluée à 8% des heures travaillées sur les chantiers de construction de la région et du Nord-du-Québec.

(Archives Le Quotidien)

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La décision des Diamants Stornoway du Canada de réaliser sans appel d'offres la construction de la mine Renard des monts Otish va accentuer de façon significative la baisse déjà évaluée à 8% des heures travaillées sur les chantiers de construction de la région et du Nord-du-Québec. La mesure favorise les entreprises de l'Abitibi au détriment du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

La direction de la recherche de la Commission de la construction du Québec (CCQ) évaluait que le chantier Renard, qui génère des investissements d'un milliard$, allait permettre de limiter la baisse des heures travaillées à 8%. Mais le premier projet minier à se concrétiser dans le cadre du Plan Nord a été l'objet d'un changement de cap majeur depuis que la direction des Diamants Stornoway a retiré à SNC Lavalin le mandat de gestion du projet de construction.

Certaines sources ont même avancé au Quotidien qu'«il était pratiquement trop tard pour les entreprises de la région» qui comptaient sur ce projet pour regarnir leur carnet de commandes. Les premiers indices de cette situation sont apparus quand SNC-Lavalin inscrivait la mention «retardé» sur les lots mis en soumission sur son site Internet. Après l'inscription de cette mention, la page Internet du site de la firme de génie a été fermée et les entreprises ont été invitées à s'inscrire sur un autre site.

Osisko entre dans le décor

«Depuis, il n'y a aucune annonce pour les appels d'offres pour les entreprises. On avait pratiquement une personne à temps plein pour surveiller les contrats et du jour au lendemain, le système est mis hors service sans aucune autre information. On a finalement réussi à savoir que Stornoway a procédé à l'embauche d'ex-employés d'Osisko qui ont pris en charge le projet de construction», a expliqué au Quotidien un informateur qui souhaite conserver l'anonymat pour éviter d'être pénalisé par cet important donneur d'ouvrage des 12 prochains mois.

Le nouveau grand patron du chantier de construction est M. Ronald Bougie. Ce dernier occupait la fonction de directeur général de la construction chez Osisko et a quitté ses fonctions lors de la vente de la minière qui exploitait un gisement d'or à ciel ouvert à Malartic. Tout indique, selon les informations recueillies, que ce nouveau dirigeant de Stornoway n'a pas l'intention de se tourner vers le Saguenay-Lac-Saint-Jean pour offrir les lucratifs contrats de ce projet d'un milliard de dollars dont le gouvernement du Québec est le principal actionnaire avec 30% des actions.

«On se fait dire par la bande que pour les alumineries, ce sont les entreprises de la région. Mais pour les mines, ceux qui dirigent maintenant la construction de la mine des monts Otish préfèrent confier des contrats aux entreprises de l'Abitibi avec lesquelles ils ont travaillé pour le projet de Malartic», reprend une autre source.

Les nombreux entrepreneurs interrogés n'acceptent pas que l'entreprise puisse adopter un tel comportement alors que les Québécois ont investi 300 M$ dans le capital du projet en plus de financer une partie de la route d'accès à la hauteur de plus de 300 M$. Sans Québec, la mine Stornoway n'aurait jamais pu voir le jour.

«Tout le monde rêve d'un régime semblable. Ils donnent les contrats selon le prix des matériaux et de la main-d'oeuvre et offrent un pourcentage pour les profits (formule cost plus dans le jargon de la construction). Il n'y a aucun risque pour ceux qui obtiennent les contrats. Mais les autres entrepreneurs du Québec ne peuvent pas soumissionner», reprend une autre source.

Les travaux avancent à grands pas sur les monts Otish. En ce moment, le promoteur coule les fondations des principaux édifices qui abriteront les équipements industriels. Normalement, les entreprises devraient avoir déjà accès aux soumissions pour les différents éléments de la mine (électricité, plomberie, mécanique et autres). Personne n'a vu passer une seule soumission pour ces contrats.

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