Les gens n'osent pas parler de la mort d'un animal

Pour briser les tabous

Denise Ouellet est cofondatrice et présidente de Passage... ((Photo Le Quotidien-Rocket Lavoie))

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Denise Ouellet est cofondatrice et présidente de Passage 02. L'organisme reçoit des personnes endeuillées par toutes sortes de situations : la mort d'un proche, une séparation, un divorce ou la perte d'un emploi.

(Photo Le Quotidien-Rocket Lavoie)

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Mélyssa Gagnon
Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Le deuil occasionné par la mort d'un animal de compagnie est un sujet tabou. Les propriétaires endeuillés ont honte de parler de leur peine en public et refoulent leurs émotions par crainte de subir le jugement des autres.

L'organisme Passage 02 tiendra, le 14 mai, une toute première rencontre d'écoute et d'entraide consacrée au deuil animalier.

C'est après la mort de son teckel (chien saucisse) Pickle que Suzanne Poitras s'est aperçue qu'il n'existait aucun service du genre en région. Le départ de sa compagne sur quatre pattes, avec qui elle entretenait une relation privilégiée depuis 12 ans, a été extrêmement difficile pour la dame. Mais elle ressentait une gêne à l'idée de parler de ses sentiments et du vide provoqué par l'absence de sa protégée.

«C'est terrible de ne pas pouvoir en parler. On fait pratiquement rire de nous autres quand on pleure la mort d'un animal domestique. Pourtant, le sentiment d'attachement est tellement grand. Pour plusieurs personnes, le chat ou le chien fait partie de la famille. Il faut respecter le deuil que ces gens-là vivent. C'est sérieux», met en relief Suzanne Poitras, ajoutant que certaines personnes vont même jusqu'à se confier à leur animal.

Au terme de quelques recherches sur Internet, Suzanne Poitras a communiqué avec Denise Ouellet, cofondatrice et présidente de Passage 02. L'organisme reçoit des personnes endeuillées par toutes sortes de situations: la mort d'un proche, une séparation, un divorce ou la perte d'un emploi. La présidente a jugé excellente l'idée d'élargir l'offre de services de son regroupement pour y inclure le deuil animalier.

«Au fond, le deuil, c'est une douleur face à la perte. Il faut permettre à ces personnes de libérer leur peine, leur colère et leur culpabilité, quand il est question d'euthanasie par exemple», exprime Denise Ouellet.

Bouée

L'attachement croissant aux animaux de compagnie témoigne-t-il d'une société de plus en plus individualiste et repliée sur elle-même, dont les membres ne souhaitent plus s'investir dans un projet familial? avons-nous demandé à Denise Ouellet.

«C'est vrai que les familles sont de plus en plus petites. Les parents sont aussi très occupés et les enfants se tournent souvent vers les animaux pour combler la solitude», dit celle qui note également une recrudescence des actes de cruauté envers les animaux.

Suzanne Poitras croit pour sa part que ceux et celles qui ne comprennent pas toute l'affection que peut ressentir un être humain pour son copain animal doivent cesser de voir ces petites bêtes comme des bibelots ou des jouets.

Heureusement, la future animatrice des groupes de discussion a pu se préparer au départ de Pickle, qui a rendu l'âme en novembre dernier des suites d'un cancer. Elle se dit aujourd'hui en paix.

«C'est presque aussi dur que de perdre un membre de la famille. J'ai fait le deuil de Pickle et j'ai été bien entourée. Imaginez si j'avais été une personne seule ou âgée?», pointe celle qui dirigera une première série de quatre rencontres. Pour l'instant, il n'est pas question qu'une autre bête vienne remplacer Pickle dans la vie de Suzanne Poitras, qui se contente de faire le plein d'amour canin avec Carbone et Soya, les levrettes italiennes appartenant à sa fille.

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